La CGT réclame une loi sur le travail le dimanche et la nuit

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MONTREUIL, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Le syndicat CGT, majoritaire chez Monoprix et dans les enseignes de bricolage d'Ile-de-France, a réclamé jeudi une loi pour réformer les règles sur le travail dominical et nocturne, dommageable selon lui à la santé des salariés.

Plusieurs décisions de justice, ainsi que la volonté de certaines enseignes de les contourner, ont récemment relancé la question des horaires de travail étendus et entraîné la constitution d'un collectif de salariés qui réclame le droit de travailler le dimanche.

Le gouvernement a commandé pour la fin novembre un rapport sur le travail dominical afin de clarifier les règles, à la préparation duquel participera la CGT.

"Nous souhaitons une loi qui permette de donner un cadre commun, précédée d'une concertation entre l'Etat, les syndicats salariés et les syndicats d'employeurs", a déclaré le secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon lors d'une conférence de presse au siège du syndicat à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

La CGT insiste sur la nécessité d'une réflexion collective, et non pas sectorielle, sur le sujet.

"Il faut sortir de l'idée selon laquelle dans chaque entreprise on peut avoir un cadre différent, ça ne fonctionne pas", a-t-il ajouté, soulignant l'impact indirect des ouvertures dominicales dans le commerce sur d'autres secteurs comme les transports en commun ou encore la garde d'enfants.

Les revalorisations de salaires pour le dimanche négociées dans une enseigne n'auront pas forcément lieu dans ces secteurs indirectement touchés, prévient également la CGT.

"Le travail du dimanche doit rester exceptionnel. L'exception, c'est aussi redéfinir ce qu'est une zone touristique", a ajouté Michèle Chay, responsable de la fédération commerce de la CGT.

ÉTENDRE LE DÉBAT

La question du travail dominical a été relancée par la décision des enseignes de bricolage Castorama et Leroy Merlin d'ouvrir leurs portes le dimanche en Ile-de-France malgré une décision de justice le leur interdisant.

Des salariés des deux enseignes, volontaires pour travailler le dimanche, ont constitué le collectif des "Bricoleurs du dimanche", reçu mercredi à Matignon après une manifestation.

Au-delà de la question du dimanche, la CGT souhaite étendre le débat à l'ensemble des horaires décalés, notamment la nuit.

Le syndicat est à l'origine de l'annonce par la direction de Monoprix de la fermeture moins tardive de 94 de ses magasins, qui pratiquaient des nocturnes jusqu'à 22h00 et devront désormais fermer leurs portes à 21h00.

"Travailler de nuit, en service continu, en horaires décalés, cela nuit à la santé", a insisté Thierry Lepaon, soulignant que les salariés concernés avaient une espérance de vie inférieure au reste de la population et qu'ils étaient particulièrement touchés par la précarité.

Le syndicat estime que le dimanche, comme la nuit, le volontariat des salariés est une illusion car ces derniers sont contraints de travailler soit par nécessité économique soit par pression de leur employeur.

La lettre de mission envoyée par le gouvernement à Jean-Paul Bailly ne concerne cependant que les exceptions au repos dominical, et non pas le travail nocturne.

Marion Douet, édité par Yves Clarisse

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