La CGT en accusation après les violences de Paris

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LA CGT NIE ÊTRE RESPONSABLE DES VIOLENCES EN MARGE DE LA LOI TRAVAIL
LA CGT NIE ÊTRE RESPONSABLE DES VIOLENCES EN MARGE DE LA LOI TRAVAIL

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - François Hollande et Manuel Valls ont menacé mercredi d'interdire les manifestations à risque après les incidents du défilé parisien de mardi contre la réforme du Code du travail, dans lesquels le gouvernement met en cause la CGT.

Des casseurs ont sévi tout au long du cortège et ont notamment brisé des baies vitrées de l'hôpital pour enfants Necker, où est hospitalisé le garçonnet d'un couple de policiers assassinés lundi soir par un djihadiste présumé.

Interrogé sur France Inter, le Premier ministre a accusé le service d'ordre de la CGT d'avoir eu une "attitude ambiguë" à l'égard de ces casseurs au nombre, selon lui, de 700 à 800.

"Quand on n'est pas capable d'organiser une manifestation (...) alors on n'organise pas ce type de manifestation qui peut dégénérer", a déclaré Manuel Valls. "Je demande à la CGT de ne plus organiser ce type de manifestation sur Paris. Au cas par cas (...) nous prendrons, nous, nos responsabilités."

Lors d'une visite à l'hôpital Necker, il a laissé entendre qu'il pourrait interdire des manifestations à Paris s'il y avait un risque de violences. Chaque demande de manifestation sera examinée "très attentivement", a-t-il dit.

Un message relayé en conseil des ministres par le chef de l'Etat, selon le porte-parole du gouvernement.

"Il ne pourra plus y avoir d'autorisation de manifestation si les conditions de la préservation des biens, des personnes et des biens publics (...) ne sont pas garanties", a dit François Hollande, cité par Stéphane Le Foll.

"GOUVERNEMENT AUX ABOIS"

Des déclarations dénoncées par la CGT, qui nie être responsable des violences de mardi, bien qu'un de ses militants ait été arrêté et que des dockers CGT aient été signalés, selon la police, dans les heurts de fin de manifestation.

"Menacer d'interdire les manifestations est le signe d'un gouvernement aux abois", écrit dans un communiqué la centrale syndicale, à la pointe du mouvement contre la loi Travail, avec Force ouvrière (FO) et cinq autres organisations.

Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a pour sa part accusé Manuel Valls d'avoir joué les "pyromanes" avec ses déclarations, qu'il a jugées "irresponsables".

En début de matinée, le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, avait estimé sur France Info que "le pire serait que le gouvernement prenne une décision d'interdiction d'une manifestation organisée par la CGT."

Interrogé par la chaîne de télévision LCP, le dirigeant du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadelis, s'est pour sa part borné à demander à la CGT "une pause, car ce n'est pas les manifestations qui changeront la nature de la loi travail".

A droite, le président du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy, a demandé "que soit engagée la responsabilité civile et financière de la CGT".

Manuel Valls a souligné que c'était la première fois que des casseurs s'attaquaient à un hôpital. Cela "doit sonner comme un signal d'alarme pour chacun", a dit le Premier ministre.

La manifestation de mardi a rassemblé 75.000 à 80.000 personnes, selon les chiffres de la préfecture de police.

CLIMAT ALOURDI

Selon celle-ci, un millier de membres de la "mouvance contestataire radicale", cagoulés, s'en sont pris à coups de projectiles aux forces de l'ordre, ont commis d'importantes dégradations et incendié trois véhicules en fin de soirée.

La préfecture a fait état de 58 interpellations (73 selon Manuel Valls) et de 24 policiers et 17 manifestants blessés.

L'intersyndicale organisatrice de cette manifestation a d'ores et déjà appelé à deux autres journées de mobilisation contre le projet de loi Travail, les 23 et 28 juin.

Le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, a rendez-vous vendredi avec la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

Mais "chacun doit savoir que le gouvernement ne changera pas un texte qui est déjà le résultat d'un compromis avec les syndicats réformistes", a réaffirmé Manuel Valls.

Des propos également dénoncés par le numéro un de FO.

"J'attends d'un Premier ministre qu'il ne reste pas droit dans ses rangers", a déclaré Jean-Claude Mailly à France Info.

Dans un climat alourdi par la menace terroriste et les tensions entre supporters de football en marge de l'Euro, il ne s'est cependant pas prononcé sur de nouvelles manifestations.

"On n'a pas pris de décision pour le moment. Il y a une réunion des syndicats aujourd'hui", a-t-il dit. "Nous sommes conscients des choses (...) Mais si le Premier ministre se comportait différemment, s'il acceptait le dialogue, il n'y aurait plus de manifestations."

(Emmanuel Jarry, avec Yann Le Guernigou et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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  • Garasixt il y a 6 mois

    "Si le Ministre acceptait le dialogue", autrement dit "s'il acceptait tut ce qu'on lui demande".

  • Garasixt il y a 6 mois

    CGT irresponsable comme son leader Martinez. Son père doit se retourner dans sa tombe!

  • dbourge4 il y a 6 mois

    A ce stade de violences, on ne menace plus de supprimer les manifestations. on agit en neutralisant les fauteurs de troubles et en sanctionnant des organisateurs incapables de faire respecter l'ordre public

  • M9390997 il y a 6 mois

    floalain > du pain et des jeux..... les jeux ne fonctionnent plus, la situation devient grave !

  • dotcom1 il y a 6 mois

    La CGT a perdu son pari, elle doit maintenant respecter la démocratie et museler ses nervis.

  • floalain il y a 6 mois

    Quelle incompétence: s'arranger pour faire coïncider l'adoption d'une loi que l'on sait qu'elle va être contestée avec un événement sportif comme l'Euro.

  • lorant21 il y a 6 mois

    @CANOMAR. Je vous conseille de lire le BLED grammaire. C'est aussi utile que de voir des complots partout..

  • CHANOMAR il y a 6 mois

    des casseurs payer par le gouvernement et par les verriers de PARIS les policiers et journalistes les suivent pourquoi ils ne les arrêtent pas on les voie cassé a la télé les policiers a coté je ne comprend pas