La CGT dénonce un pacte de compétitivité trop coûteux

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LE PACTE DE COMPÉTITIVITÉ EST TROP COÛTEUX AUX YEUX DE LA CGT
LE PACTE DE COMPÉTITIVITÉ EST TROP COÛTEUX AUX YEUX DE LA CGT

PARIS (Reuters) - Bernard Thibault a dénoncé mercredi le mécanisme "inacceptable" du pacte de compétitivité présenté par le gouvernement français, que le secrétaire général de la CGT juge trop dispendieux au regard des créations d'emplois promises par sa mise en oeuvre.

Le gouvernement a annoncé mardi 20 milliards d'euros de crédits d'impôt pour aider les entreprises françaises à redresser leur compétitivité, une mesure étalée sur plusieurs années, financée par une baisse des dépenses publiques et une hausse de la TVA.

Bernard Thibault a estimé lors d'une conférence de presse que ces mesures se fondaient sur une "logique très contestable selon laquelle il faut agir pour obtenir une baisse du coût du travail pour prétendre redresser l'appareil productif".

Alors que le Premier ministre table sur 300.000 à 400.000 emplois créés d'ici 2017 grâce à ce dispositif, Bernard Thibault a souligné que chaque emploi ainsi créé aura coûté 67.000 euros, un chiffre qui soulève selon lui des questions sur la pertinence et l'efficacité de l'utilisation de cet argent public.

Il a également dénoncé le fait que de plus en plus d'argent public soit orienté vers des entreprises privées alors trois rapports d'organismes publics, dont celui de la Cour des comptes, ont déjà souligné l'insuffisance de l'évaluation de l'efficacité des aides dont bénéficient déjà les entreprises.

UN MOTIF DE MOBILISATION

L'organisation syndicale conteste également la hausse de la TVA qui contribuera à financer ces crédits d'impôts et pénalisera selon elle les ménages, mais aussi la baisse des dépenses publiques ainsi que la non sélectivité dans l'attribution de ces nouvelles aides aux entreprises.

La CGT voit dans les différents volets de ce plan pour la compétitivité un nouveau motif de mobilisation lors de la journée de manifestation organisée le 14 novembre en Europe.

Pour Bernard Thibault, cet appel relayé le mois dernier par plusieurs grands syndicats français est d'autant plus d'actualité que cette mobilisation interviendra à la veille d'une réunion des partenaires sociaux dans le cadre des négociations sur la sécurisation de l'emploi.

Elle précède aussi l'ouverture des négociations sur l'avenir des régimes complémentaires de retraites des salariés du privé, prévue le 22 novembre.

Au lendemain de la désignation par le parlement de la CGT de Thierry Lepaon pour lui succéder lors du congrès prévu en mars prochain, Bernard Thibault a réfuté toute "crise de succession" au sein du syndicat, alors que la candidature de Nadine Prigent, qu'il avait mise en avant, avait été rejetée en mai dernier.

Son futur successeur, un ancien soudeur de 52 ans, a de son côté dit avoir "le sentiment d'avoir été choisi" en soulignant que "notre force, c'est le rassemblement."

Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse

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