La CGT dénonce un "deal" Medef-Hollande sans contrepartie

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LA CGT CRITIQUE LE PACTE DE RESPONSABILITÉ DE FRANÇOIS HOLLANDE
LA CGT CRITIQUE LE PACTE DE RESPONSABILITÉ DE FRANÇOIS HOLLANDE

PARIS (Reuters) - La CGT a dénoncé lundi l'absence de contreparties demandées au patronat en échange des baisses de charges prévues dans le "pacte de responsabilité" que François Hollande veut nouer avec les entreprises pour relancer les embauches et l'investissement.

Gouvernement et partenaires sociaux ont lancé lundi les consultations pour mettre en oeuvre ce pacte qui prévoit d'ajouter d'ici 2017 10 milliards d'euros de baisse de charges aux 20 milliards d'euros de baisses d'impôts du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE).

"Il apparaît qu'aucune contrepartie n'est aujourd'hui inscrite entre le président de la République et le Medef pour justifier les 30 milliards, les 30 nouveaux milliards d'aides aux entreprises", a déclaré le secrétaire général de la CGT après un entretien avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

"On aurait souhaité pouvoir être associés à ce qu'il est convenu d'appeler un 'deal' entre le président de la République et Pierre Gattaz", a regretté Thierry Lepaon, qui appelle à une "une remise à plat totale de la fiscalité" et à un contrôle renforcé des aides accordées aux entreprises.

"Nous sommes arrivés à 230 milliards d'euros d'aides aux entreprises sans qu'on puisse collectivement en évaluer l'efficacité, et si l'efficacité se mesure à la courbe du chômage nous verrons ce soir même que le chômage malheureusement augmente encore dans ce pays", a ajouté le dirigeant syndical.

Le ministère du Travail publie ce lundi soir les chiffres du nombre de demandeurs d'emplois à fin décembre, qui permettront de dire si François Hollande a réussi son objectif d'inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année 2013.

La CGT a été reçue la première lundi à Matignon. Elle sera suivie par FO, la CFTC, le Medef, la CFE-CGC, l'UPA et la CFDT.

Les dirigeants syndicaux veulent éviter de signer un "chèque en blanc" au patronat.

Le président du Medef, Pierre Gattaz, a demandé de baisser de 100 milliards d'euros les prélèvements sur les entreprises, ce qui rendrait selon lui possible la création d'un million d'emplois, sans obligation de résultat.

Si le gouvernement ne réclame pas un objectif global d'embauches, il pourrait demander aux branches professionnelles de s'engager sur des points précis, comme le développement de la formation par alternance ou l'apprentissage.

"Il faut bien que le patronat accepte une logique de contrepartie, c'est fondamental, parce que sinon ce sera perçu par les Français comme une simple politique de cadeau", a dit lundi le ministre des Finances Pierre Moscovici sur France Info.

Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse

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  • lechypre le lundi 27 jan 2014 à 12:52

    je suis sur d'une chose...au prochaine élection je donnerais ma voix a un des extrèmes

  • lorant21 le lundi 27 jan 2014 à 12:51

    Celui qui verra vraiment une baisse des charges n'est pas encoré né..

  • M6749774 le lundi 27 jan 2014 à 12:17

    La vision de la CGT est simple. Je te prends ton argent ( en impôts ). Je vieux bien te le rendre mais que me donnes-tu en contre partie.

  • Berg690 le lundi 27 jan 2014 à 12:10

    Nos impôts augmenteront en conséquence.

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