La CGT craint que France Soir devienne un organe de presse du FN

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PARIS (Reuters) - Le syndicat Info'Com CGT de France Soir redoute que ce média devienne un organe de propagande du Front national après que son propriétaire russe a annoncé qu'il voterait pour Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2012.

Les salariés de France Soir et leurs soutiens ont manifesté jeudi devant le ministère de la Culture et de la Communication à Paris pour exprimer leur inquiétude sur l'avenir du quotidien que la direction veut faire basculer en totalité sur internet.

France Soir, qui vendait plus d'un million d'exemplaires dans les années 1960 quand il était le titre phare de la presse quotidienne française, pourrait devenir le premier quotidien national en France à quitter le support papier, les effectifs étant au passage réduits de 127 à 32 personnes.

Le propriétaire, l'homme d'affaires russe Alexandre Pugachev, a expliqué sa décision par l'impossibilité de redresser les comptes du journal qui devrait perdre encore 19 millions d'euros cette année. France Soir, qui vend en moyenne 70.000 exemplaires par jour, visait selon sa direction 100.000 exemplaires pour devenir rentable.

Interrogé sur ses intentions de vote dans l'édition Médiasphère de LCI, Alexandre Pugachev, qui a la nationalité française, a déclaré vendredi dans un français approximatif : "Je tente vers Marine Le Pen".

Il se dit aussi prêt à vendre France Soir pour un euro symbolique si le repreneur s'engage à faire vivre le journal sur le papier et à en payer les dettes, soit 3 millions d'euros selon lui.

LE SYNDICAT EN APPELLE AU GOUVERNEMENT

Dans un communiqué, le syndicat Info'Com CGT de France Soir, estime que le "faux-nez du projet Pugachev vient de tomber".

"Pour le milliardaire, le repreneur idéologique de France Soir, c'est le Front national!", ajoute le syndicat, qui craint que la nouvelle formule de la publication "ne dépassera pas le temps d'une campagne électorale".

Le syndicat en appelle au gouvernement français et en particulier au ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui s'est engagé jeudi à soutenir tout projet qui s'articulerait autour du papier et du web, et non sur le seul web.

"Les aides à la presse peuvent-elles aider au développement des idées nauséabondes du Front national ?", demande-t-il.

Le Front national a fait savoir dans le passé qu'il n'était pas intéressé par le rachat de France Soir.

Un plan de reprise a été présenté par l'ancienne directrice générale de France Soir Christine Vulvert, moyennant un apurement des dettes et du passif du journal et la suppression d'une trentaine de postes, mais il est loin d'être accepté.

"Elle fait une offre qui n'est pas financée. On ne sait pas qui sont les investisseurs, il n'y a pas de business plan. Et elle demande à Alexandre Pugachev de payer pour qu'elle reprenne le journal, ce qui est un quand même particulier", a déclaré une porte-parole de la direction de France Soir.

Cette dernière se dit toutefois prête à examiner "toute offre sérieuse et solide".

Des personnalités de la presse et des élus ont apporté leur soutien au quotidien, à l'image des députés Marie-George Buffet (PCF), Claude Bartolone (PS), Noël Mamère (EE-LV), Jack Lang (PS) et Christian Estrosi (UMP).

Yves Clarisse

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  • georg199 le vendredi 11 nov 2011 à 22:21

    Et popurquoi ne pas en appeler au Gouvernementpour lui signaler qu'il y a le journal L'Humanité ? le journal des cocos internationaux, ceux qui ont du sang sur les mains