La CFDT veut une concertation avec l'Etat sur les intermittents

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LA CFDT VEUT UNE CONCERTATION AVEC L'ÉTAT SUR LES INTERMITTENTS
LA CFDT VEUT UNE CONCERTATION AVEC L'ÉTAT SUR LES INTERMITTENTS

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La CFDT souhaite intégrer l'Etat dans les négociations sur le régime d'indemnisation des intermittents du spectacle, un des points d'achoppement des discussions entre les syndicats et le patronat sur l'assurance chômage qui reprennent jeudi.

Dans un projet d'accord cadre sur une nouvelle convention Unedic, le Medef, principale organisation patronale, réitère sa proposition de supprimer le régime spécifique des intermittents pour l'aligner sur le régime général.

Cette proposition, qui avait déjà suscité l'ire des syndicats lors de la séance de négociation du 13 février, devrait de nouveau provoquer des tensions jeudi, lors d'une nouvelle session de discussions au siège du Medef.

Dans un document résumant sa position, publié quelques heures avant cette réunion, la CFDT renvoie le sort des régimes des techniciens et ouvriers de l'audiovisuel et des artistes du spectacle à des discussions ultérieures.

"Les partenaires sociaux demandent à l'Etat l'ouverture d'une concertation tripartite (...) dans l'objectif de baisser la précarité dans ces secteurs", propose la centrale.

Le négociateur de la CGT, Eric Aubin, a déclaré mardi à la presse que son organisation ne s'y opposerait pas.

"Nous ne sommes pas opposés, et nous l'avons même demandé, que sur certains points où l'Etat a une responsabilité il puisse être autour de la table", a-t-il dit. "Donc on ne s'opposera pas à ce que l'Etat soit invité à participer à nos discussions.

Les syndicats ne sont pas hostiles à une évolution des régimes d'indemnisation des intermittents mais rejettent toute idée de suppression, sous-jacente dans le projet du Medef.

Les intermittents ont paradoxalement reçu le soutien de l'ex-présidente du Medef Laurence Parisot, qui a pris le contre-pied de son successeur, Pierre Gattaz.

Elle a ainsi écrit, dans une tribune publiée lundi par Les Echos, ne pas partager sa position, tout en étant "sensible aux arguments d'équilibre financier qui semblent (la) motiver".

LE MEDEF FAIT LA SOURDE OREILLE

La question des intermittents "est loin d'être un simple problème comptable", a fait valoir Laurence Parisot, pour qui "l'offre culturelle n'est pas une offre économique comme les autres" et participe au "rayonnement" de la France.

Les détracteurs du régime mettent en avant le fait que 100.000 personnes perçoivent plus de 1,3 milliard d'euros pour 240 millions de cotisations.

Le patronat suggère que l'Etat prenne en charge le surcoût de ce régime, évalué à 320 millions d'euros, s'il tient à maintenir un système d'indemnisation plus favorable.

Le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, a pointé du doigt jeudi des "anomalies" sans aller jusqu'à prôner, comme le Medef, la disparition pure et simple de ce régime spécifique.

"Je n'ai pas dit qu'il fallait tout jeter", a-t-il déclaré à France Info. "Il faut regarder pourquoi il y a des aberrations : 4% des chômeurs sont des intermittents et ils coûtent au régime 25%. Il y a quelque part une anomalie."

"Tout cela a un coût, il faut bien qu'on rééquilibre. Et si l'Etat ne veut pas toucher à cela, que l'Etat le prenne en charge", a ajouté le patron des patrons de PME.

Le Medef est passé outre les admonestations du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui lui avait "déconseillé" de "persévérer" dans son "erreur" concernant les intermittents.

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a qualifié mercredi de "scandaleuses" les positions patronales.

"Le gouvernement est extrêmement attaché au maintien (...) du principe d'indemnisation spécifique pour des métiers qui sont spécifiques", a-t-elle dit, sans toutefois exclure une réforme.

Elle a cependant renvoyé son élaboration à des discussions entre les partenaires sociaux.

Les intermittents du spectacle ont prévu de manifester jeudi après-midi à Paris et de se joindre à un rassemblement organisé par la CGT devant le siège du Medef.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • rodde12 le jeudi 27 fév 2014 à 16:47

    Intermittents et colleurs d'affiches unissez vous.

  • ppetitj le jeudi 27 fév 2014 à 14:47

    Encore une corporation de nantis...C'est beau le socialisme...

  • rleonard le jeudi 27 fév 2014 à 13:32

    c'est sur qu'il ne faut surtout pas toucher aux privilèges et avantages de nos copains !!!

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