La CFDT s'inquiète d'un détournement politique du 1er-Mai

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La CFDT s'inquiète d'un détournement politique du 1er-Mai
La CFDT s'inquiète d'un détournement politique du 1er-Mai

PARIS (Reuters) - La CFDT s'est inquiétée lundi d'un détournement politique de la fête du 1er-Mai, qui dit-elle doit rester un événement syndical, en dépit de la campagne du second tour de l'élection présidentielle.

Le président-candidat Nicolas Sarkozy a annoncé son intention d'organiser un "grand rassemblement" le 1er mai, qualifié de "fête du vrai travail".

Le Front national, propulsé à la troisième place du scrutin dimanche avec 17,9% des voix, défilera quant à lui comme tous les ans en l'honneur de Jeanne d'Arc, symbole à ses yeux du nationalisme, tout en se posant en défenseur du monde ouvrier.

"Au lendemain du premier tour, il est inquiétant d'entendre des responsables politiques s'auto-désigner uniques représentants des travailleurs en voulant détourner l'objet du premier mai", écrit la CFDT dans un communiqué.

Rappelant que l'autonomie des syndicats et le sens du 1er-Mai "sont un marqueur dans une société démocratique", la CFDT appelle "plus que jamais à faire du 1er mai un événement syndical centré sur ces préoccupations fortes des salariés".

Déjà fin mars, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, avait dit souhaiter "un 1er-Mai syndical, pas un 1er-Mai politique" avant le second tour de scrutin le 6 mai.

Cinq syndicats français appellent à faire du 1er-Mai une forte journée de mobilisation et de manifestations, entre les deux tours de l'élection présidentielle. L'intersyndicale (CFDT, CGT, FSU, Solidaires et Unsa) entend marquer son refus des politiques d'austérité et des réformes réduisant les droits des travailleurs imposées au nom de la crise.

Le rassemblement prévu par Nicolas Sarkozy devrait avoir lieu à Paris, selon son entourage. "Nous allons organiser (...) la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, qui sont exposés, qui souffrent et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille", a expliqué lundi le président de la République.

Marine Le Pen donnera pour sa part sa position personnelle pour le second tour lors du défilé organisé par son parti. L'année dernière, elle en avait profité pour revendiquer le vote ouvrier et faire défiler des syndicalistes.

Le candidat présidentiel du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui a estimé qu'avec son rassemblement Nicolas Sarkozy voulait une "radicalisation du combat", a appelé ses militants à se joindre aux cortèges des syndicats le 1er mai.

La droite a reproché au secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, d'avoir affiché ses convergences anti-austérité avec le candidat du Front de gauche. Le syndicaliste a démenti que Jean-Luc Mélenchon soit son "chouchou".

Chine Labbé, avec Gérard Bon, édité par Gilles Trequesser

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