La CFDT Renault s'inquiète après les annonces de PSA

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LA CFDT RENAULT S'INQUIÈTE APRÈS LES ANNONCES DE PSA
LA CFDT RENAULT S'INQUIÈTE APRÈS LES ANNONCES DE PSA

PARIS (Reuters) - Le syndicat CFDT du groupe Renault a déclaré vendredi craindre que la restructuration annoncée la veille par PSA Peugeot Citroën ne serve d'alibi à la direction du groupe au losange pour prendre des mesures similaires.

PSA, premier constructeur automobile français, a dévoilé jeudi 8.000 nouvelles suppressions d'emplois en France et officialisé la fermeture dans deux ans de son usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

"Carlos Ghosn a déjà dit que si un concurrent choisissait cette voie, tout le monde serait obligé de revoir sa stratégie", indique Fred Dijoux, délégué CFDT chez Renault. "La fermeture de PSA Aulnay peut servir d'alibi aux concurrents, et notamment au premier d'entre eux, Renault."

Le PDG du groupe avait déclaré en mars au salon de l'automobile de Genève que la première restructuration d'ampleur par un constructeur européen pourrait entraîner une vague de fermeture de sites, en contraignant tous les concurrents à lui emboîter le pas.

Contrairement à PSA, Renault a pérennisé l'ensemble de ses sites français dans son dernier plan stratégique qui court jusqu'en 2016 en affectant à chacun un programme de véhicules: le sport à Dieppe (Seine-Maritime), les petits utilitaires à Maubeuge (Nord), les utilitaires moyens à Sandouville (Seine-Maritime) et les plus gros à Batilly (Moselle), la Zoé électrique à Flins (Yvelines), aux côtés de la Clio 4 partagée avec la Turquie, et le futur moyen et haut de gamme sur une plate-forme commune avec Nissan à Douai (Nord).

"Cet engagement va-t-il rester gravé dans le marbre face à la dégradation du marché européen ? Chez Renault aussi, les usines sont en sous-charge", poursuit Fred Dijoux.

S'il produit moins de voitures en France que PSA - il emploie dans l'Hexagone près de 55.000 personnes - deux fois moins que son concurrent - et vend davantage hors d'Europe avec une filiale "low cost" très rentable, Renault ressent lui aussi l'impact du marasme du marché automobile français et européen.

Le groupe a légèrement réduit depuis mai la capacité de production de son site de Maubeuge et annoncé en juin 300 suppressions de postes de structure sur le site de Flins.

"A Flins, les nouveaux modèles arrivent seulement et à Sandouville et Douai, il faudra attendre 2013 et 2014. Pendant la période de creux qui s'annonce, il faudra être vigilant", ajoute Fred Dijoux.

"Si une fermeture d'un de ces sites nous semble impossible, on est dans le même cas de figure que PSA Rennes et des coupes sombres dans les effectifs sont toujours possibles."

Parmi les mesures annoncées jeudi, PSA va supprimer 1.400 emplois dans son usine d'Ille-et-Vilaine dans le cadre d'une réduction de la capacité du site en attendant l'arrivée d'un nouveau modèle prévu pour 2016.

Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot

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  • M4847970 le vendredi 13 juil 2012 à 12:19

    Peut etre pas de fermetures sites mais il faudra peut être reduire les frais fixes par site pour arriver à un tres bon ratio de taille active qui assurerait defenitivement la perennité.Emploi salarié peut etre pas en surnombre, une simple acceleration des départs normaux pourrait suffire.