La CFDT exclut toute remise en cause du compte pénibilité

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LA CFDT EXCLUT TOUTE REMISE EN CAUSE DU COMPTE PÉNIBILITÉ
LA CFDT EXCLUT TOUTE REMISE EN CAUSE DU COMPTE PÉNIBILITÉ

PARIS (Reuters) - Le leader de la CFDT Laurent Berger a exclu lundi toute remise en cause du compte pénibilité mis en place par la réforme des retraites de 2013, un dispositif jugé trop complexe et trop coûteux par le patronat qui réclame son abrogation.

"Il faut l'application de la loi sur la pénibilité, les décrets sont en vigueur, maintenant il faut faire en sorte que ce soit effectivement (le moins) compliqué possible", a-t-il déclaré sur RTL, réagissant à l'appel lancé par le Medef, la CGPME et l'UPA dans L'Opinion.

"Une mission a été confiée à M. de Virville (Michel de Virville, conseiller à la Cour des comptes, NDLR) pour faire en sorte que ce soit le plus simple possible", a-t-il souligné. "Il n'y a pas de remise en cause de ces décrets possibles pour la CFDT sinon il y aura un affrontement total".

Dans une tribune publiée dans L'Opinion lundi, le président de la CGPME Jean-François Roubaud, le président du Medef Pierre Gattaz et le président de l'UPA Jean-Pierre Crouzet réclament l'abrogation du compte pénibilité dont les décrets ont selon eux été publiés "dans la précipitation et la confusion".

"Le gouvernement prône la simplification et de l'autre il imagine un dispositif kafkaïen loin de toute réalité opérationnelle, unique en France, dont personne ne comprend comment il peut s'appliquer concrètement et simplement", écrivent-ils.

Selon les décrets d'application du compte pénibilité, publiés le 10 octobre, quatre facteurs ouvriront à partir du 1er janvier prochain des droits à une formation, une compensation salariale ou un départ anticipé à la retraite : travail de nuit, en équipes alternantes, répétitif et en milieu hyperbare.

Six facteurs supplémentaires entreront en vigueur le 1er janvier 2016 : port de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques, bruit, températures extrêmes et agents chimiques dangereux.

Un salarié pourra acquérir 10 points en deux ans et demi et plus rapidement s'il est exposé à plusieurs facteurs. Ces 10 points ouvriront droit, au choix, au financement de 250 heures de formation, à la compensation salariale d'un trimestre à mi-temps ou à un trimestre de retraite pour partir plus tôt.

Selon le gouvernement, cette mesure profitera à près d'un million de salariés dès 2015 et 3 millions dès 2016.

Dans L'Opinion, les leaders de la CGPME, de l'UPA et du Medef appellent également à revenir sur l'article sur la cession d'entreprise de la loi Hamon qui entrera en vigueur en novembre.

"Si personne ne conteste la nécessité d'informer et d'associer les salariés dans les situations de cession, le texte imaginé dans un bureau de Bercy, loin de toute réalité des affaires, est inapplicable et anxiogène", estiment-ils.

(Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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