La CFDT dit avoir des garanties pour les salariés

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PARIS (Reuters) - La CFDT a déclaré jeudi avoir reçu des garanties de la part du Premier ministre français sur les contreparties aux salariés liées au pacte de compétitivité, qui feront l'objet d'une loi présentée début 2013.

Jean-Marc Ayrault consulte toute la journée les syndicats sur la mise en oeuvre de ce pacte, train de mesures censé relancer l'économie française qui propose notamment 20 milliards de crédits d'impôts pour les entreprises.

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, et celui qui succédera à ce poste dans une semaine, Laurent Berger, ont été reçus les premiers.

"Le Premier ministre nous a affirmé qu'il entendait nos souhaits et qu'il s'engageait clairement, qu'il y aurait une deuxième loi après les négociations qui, quoi qu'il se passe, imposerait des contreparties aux entreprises vis-à-vis de ces 20 milliards", a déclaré François Chérèque à la presse.

"J'entends l'engagement du Premier ministre et nous serons, évidemment, plus que vigilants pour qu'il soit respecté jusqu'au bout, c'est pour nous un élément crucial", a-t-il ajouté.

François Chérèque a dit attendre des contreparties en terme de capacité pour les représentants du personnel "de contrôler et de débattre de l'utilisation" de ces 20 milliards pour l'investissement, la recherche, "mais aussi qualité de l'emploi".

RAPPORT DE FORCES

Des droits nouveaux pour les salariés en termes d'accompagnement, de lutte contre la précarité (rendant plus contraignant pour les entreprises le recours aux CDD ou aux missions courtes), la création d'une mutuelle généralisée pour les personnes qui perdent leur emploi figurent aussi au nombre des revendications de la CFDT.

"Si le patronat ne nous les lâche pas, en quelque sorte, dans la négociation, nous demanderons tout simplement que dans la deuxième loi, la loi impose ces contreparties aux entreprises", a dit François Chérèque.

Une première loi sur le volet fiscal du pacte de compétitivité doit être votée avant la fin de l'année.

Elle doit être suivie en janvier d'un deuxième texte issu, si elles aboutissent, des négociations en cours sur la sécurisation des parcours professionnels visant à parvenir, selon le voeu de François Hollande, à un "compromis historique".

"Une négociation n'est jamais gagnée d'avance, c'est un rapport de forces. Il reste maintenant un mois et demi", a souligné Laurent Berger à propos de ces pourparlers dont le calendrier est, selon lui, "encore tenable".

Les syndicats ont critiqué un premier texte patronal qui organise, selon eux, la précarité au lieu de sécuriser les carrières.

Reçue à Matignon lundi, la présidente du Medef, Laurence Parisot, s'est pour part inquiétée de la hausse brutale de la Contribution foncière des entreprises, qui pourrait selon elle annihiler tout le bénéfice attendu du pacte de compétitivité. Jeudi après-midi, Jean-Marc Ayrault et le ministre du Travail, Michel Sapin, doivent poursuivre les consultations en recevant des responsables de Force ouvrière, de la CGT, de la CFTC et de la CFE-CGC.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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