La CFDT de La Redoute accepte de signer l'accord social

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LA CFDT DIT OUI À L'ACCORD SOCIAL À LA REDOUTE
LA CFDT DIT OUI À L'ACCORD SOCIAL À LA REDOUTE

LILLE (Reuters) - Le syndicat CFDT a annoncé lundi qu'il acceptait les modalités du plan social de La Redoute, évitant ainsi la saisie du tribunal de commerce évoquée vendredi par la direction de l'ex-filiale de vente par correspondance de Kering.

Une majorité de syndicats de l'enseigne - la CGT, la CFDT et Sud - avait rejeté vendredi ces modalités mais la centrale réformiste a changé d'avis pour sauver l'entreprise.

Kering avait précisé qu'un rejet de l'accord, déjà paraphé par la CFE-CGC, syndicat minoritaire, entraînerait la fin du processus de cession et que le groupe s'en remettrait alors au tribunal de commerce.

"C?est à contrecoeur, mais la raison nous fait parler et on ne peut pas prendre le risque de faire fermer une entreprise comme La Redoute", a déclaré lors d?une conférence de presse Jean-Claude Blanquart, délégué CFDT de La Redoute.

"Jusqu'à maintenant, on parlait d?un accord d?entreprise, là on parle de survie", a-t-il ajouté. "Je suis conscient que beaucoup de salariés seront mécontents mais à un moment, il faut prendre ses responsabilités."

Le choix, a-t-il précisé, a été entériné par la CFDT de La Redoute "à la majorité" et la CGT a condamné ce revirement.

"C?est assez incroyable et c?est assez regrettable que l?on ne tienne pas compte de l?avis des salariés, ils sont bafoués", a dit Fabrice Peeters, délégué CGT. "La direction fait du chantage. Pourquoi céder au chantage ?"

Kering a cédé l'enseigne en décembre dernier pour un euro symbolique à deux dirigeants de la société, Nathalie Balla et Eric Courteille.

CONCESSIONS MINEURES

La nouvelle direction a récemment annoncé la suppression de 1.178 postes, avec des départs étalés sur quatre ans et un maximum de 700 départs contraints. Kering s'est de son côté engagé à financer le projet des repreneurs et les mesures sociales à hauteur de 520 millions d'euros.

La direction de La Redoute propose une indemnité minimale de départ volontaire de 20.000 euros, à laquelle s'ajoutent 750 à 1.200 euros selon les cas par année d'ancienneté, plus un mois de salaire pour les 50-54 ans et deux mois pour les 55 ans et plus.

Les syndicats réclamaient une indemnité de base de 40.000 euros et 1.500 euros par année d'ancienneté.

L?avocat de la CFDT, Me Mario Califano, a expliqué avoir obtenu des concessions de Kering pendant des discussions qui ont eu lieu au cours du week-end, sans reprise officielle des négociations, ce que refusait les repreneurs.

"L?organisation du travail a été sortie de cet accord, elle sera discutée ensuite avec les syndicats", a-t-il expliqué.

Comme la CGT et Sud, la CFDT avait jugé le plan inacceptable mais la centrale réformiste était tiraillée entre des salariés hostiles à la signature et d?autres favorables.

Le tribunal de commerce de Lille avait demandé à La Redoute de surseoir à sa saisine jusqu'à lundi soir afin de donner une chance aux discussions.

Une entreprise en difficulté peut demander à être placée en redressement judiciaire, une procédure destinée à permettre sa sauvegarde. Le redressement judiciaire est assuré selon un plan arrêté par décision de justice à l'issue d'une période d'observation, ce plan prévoyant soit la continuation de l'entreprise, soit sa cession.

(Pierre Savary, édité par Yves Clarisse)

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  • dotcom1 le lundi 24 mar 2014 à 16:22

    On Redoute une fracture du front syndical.