La CFDT accuse Manuel Valls d'avoir rompu le dialogue social

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LA CFDT ESTIME QUE MANUEL VALLS A ROMPU LE DIALOGUE SOCIAL
LA CFDT ESTIME QUE MANUEL VALLS A ROMPU LE DIALOGUE SOCIAL

PARIS (Reuters) - L'annonce par Manuel Valls d'un report partiel de l'application du compte pénibilité, un geste d'apaisement à l'adresse du patronat, constitue une "rupture du dialogue social", estime le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

A quelques jours de la conférence sociale du 7 et 8 juillet, le Premier ministre s'efforce de sauver cette grand-messe instituée par François Hollande qui mise sur les négociations avec les partenaires sociaux pour engager de nouvelles réformes et sortir la France de la crise.

Face à la menace de boycott brandie par le Medef et certaines organisations patronales, le Premier ministre a annoncé mardi, dans une interview aux Echos, un report partiel de la mise en oeuvre du compte personnel de prévention de la pénibilité.

"Cette interview est une rupture en termes de dialogue social", dénonce Laurent Berger dans une interview au Monde publiée mercredi. "Je prends ça pour une alerte très grave, un mauvais coup pour le dialogue social, c'est surtout un mauvais coup porté aux salariés qui sont exposés chaque jour à des situations pénibles".

"Je préviens tout de suite le gouvernement et le patronat que s'il y avait une quelconque volonté de remise en cause de ce droit à moyen terme, la CFDT sera vent debout."

Le Medef, la CGPME et l'Union professionnelle artisanale (UPA) voient dans le contrat pénibilité une contrainte insupportable pour les entreprises.

Réagissant après la publication de l'interview de Manuel Valls, le président du Medef Pierre Gattaz a salué un "discours encourageant" et "des avancées à regarder".

"Le Premier ministre a cédé à l'ultimatum du Medef qui n'accepte pas qu'on crée des droits pour les salariés", estime le numéro un de la CFDT, dénonçant le lobbying du Medef.

Concernant le pacte de responsabilité, le leader syndical met en garde contre une "technique de surenchère permanente" du Medef et prévient qu'en cas d'absence du patronat à la conférence sociale, ce pacte, soutenu uniquement côté syndicats par la CFDT et la CFTC, serait remis en cause.

Sur BFM TV et RMC mercredi matin, Manuel Valls a justifié par un souci de "pragmatisme" son intention d'aménager ou d'étaler dans les temps des mesures critiquées par le patronat et s'est également dit prêt à mettre au menu des discussions la question des seuils sociaux et celle de la simplification du code du travail.

Dans un communiqué publié mercredi, la CFTC "dénonce fortement cette décision prise sans concertation par le gouvernement, qui répond au jeu de chantage du Medef".

(Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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