La cerise turque joue les trouble-fête sur le marché

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La production annuelle de la cerise dans l'Hexagone est insuffisante pour répondre à la consommation intérieure.

Alors que la saison de la cerise française bat actuellement son plein - avec deux à trois semaines de retard pour cause de mauvais temps -, sa concurrente venue de Turquie a semé le trouble sur le marché. «C'est la première fois. Avant la cerise turque restait sur le marché allemand. Pourquoi a-t-elle franchi le Rhin? On ne comprend pas bien»,interroge Luc Barbier, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF).

Peut-être la grande distribution qui écoule plus des deux tiers des cerises a-t-elle voulu combler l'absence de produits made in France par un équivalent encore moins cher que la cerise espagnole? Ce qui est certain, c'est que «la cerise française est désormais là en qualité et en quantité, se réjouit Luc Barbier. On espère qu'elle va être mieux mise en avant dans les étals des magasins».

Le marché français est structurellement déficitaire. Les arboriculteurs y produisent annuellement quelque 35.000 tonnes sur 9577 hectares, principalement en Rhône-Alpes (37 % des volumes), Paca (26 %) et Languedoc-Roussillon (13 %). Un niveau insuffisant pour répondre à la consommation intérieure. Elle s'établit autour de 2,4 kg par ménage, selon Kantar Worldpanel. Il faut donc importer quelque 10 000 tonnes par an.

Un euro le kilo

«Ce n'est pas tant l'origine turque de la cerise qui nous gêne, remarque le président de la FNPF, mais ses conditions de production. Certaines molécules pour les traitements phytosanitaires sont interdites en Europe alors qu'elles ne le sont pas en Turquie. Il faudrait que nous ayons les mêmes règles de production.» Autre problème pointé par le professionnel: celui du prix. «À un euro le kilo chez le grossiste, la cerise turque a donné un mauvais signal au marché. Ce prix ne correspond même pas à nos frais de cueillette», dénonce Luc Barbier.

«Pour couvrir tous nos coûts, il faudrait que nos cerises soient achetées au moins à 2 euros le kilo, indique de son côté Jérôme Volle, producteur en Ardèche. En ce moment c'est plutôt entre 1,20 et 1,30 euro le kilo, une misère»,estime-t-il. Pour alerter les consommateurs, les producteurs ont pris les devants. Ils ont organisé une opération de vente directe et de sensibilisation, samedi 29 juin, sur l'aire d'autoroute de Montélimar. «Nous avons vendu 1000 kg de cerises à 4 euros le kilo. Nous avons reçu un très bon accueil du public. La cerise en Ardèche, deuxième département producteur français, regroupe 400 producteurs, 2 000 emplois et 13 millions d'euros de chiffre d'affaires», poursuit ­Jérôme Volle.

«Depuis deux ou trois jours, le marché s'est fluidifié et l'on place nos produits», reconnaît Bruno Darnaud, arboriculteur à la Roche-de-Glun dans la Drôme. En effet, à l'autre bout de la chaîne, la cerise française est désormais présente dans les rayons entre 4,50 et 5 euros le kilo, ce qui correspond à la moyenne des années 2010-2012. «La bigarreau origine France vaut 4,95 euros le kilo», indique Florent du rayon primeur à Hyper U, Mayenne.

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  • penilope le lundi 8 juil 2013 à 13:36

    le seuil de rentabilité est de 2 euros le kilo d'après les professionnels qui les vendent à 4 euros le kilo en vente directe alors que la grande distribution leur achète 1.20 le kilo.ils vont se plaindre ensuite que les consommateurs aillent acheter de la cerise turque.certains producteurs prennent les clients pour des gogos.pourquoi vendre 4 euros le kilo qd 2.5 eut été plus du double de ce que la grande distribution leur propose.à 4 euros le kilo , ils sont au deça du prix du bio...

  • M6860185 le lundi 8 juil 2013 à 07:41

    les fruits et légumes sont devenus extrémement chers en France. RSA et RMI ont dissuadé la main d’œuvre de travailler dans ces domaines renchérissant ainsi les couts. Quand comprendra t on que dans les campagnes, les gens n'ont pas les mêmes besoins qu'en ville ?

  • P.Baelen le dimanche 7 juil 2013 à 13:47

    Acheté 1.2e revendu 5e ?Bravo les hyper ! Et après je m'étonne des cerises à 8-9e hors saison ...Si la différence de prix n'est pas énorme, ça sera français, sinon tant pis ce sera turc.

  • christo le dimanche 7 juil 2013 à 08:17

    Au marché : qui fais attention à la provenance des produits. avant d etre un consommateur nous avons une responsabilité de citoyen.....mais helas.. 3 fois helas, aujourd'hui seul " le pognon " compte

  • M5005891 le samedi 6 juil 2013 à 22:10

    On ne veut pas de produits Turque à la place de nos fruits de chez nous.Ce pays ne doit pas intégrer l'UEE.Nos politiques et financiers nous vendent pour leur profits individuels.