La centrale nucléaire de Fessenheim fermera comme prévu

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C'est l'un des engagements écologiques majeurs du chef de l'Etat et la majorité socialiste assure qu'il sera tenu.

Rappelons que, durant la campagne présidentielle, François Hollande s'est démarqué de son prédécesseur en préconisant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), mise en service à la fin des années 1970, objet de nombreux incidents depuis plusieurs années et de fait très décriée par les écologistes et les associations de protection de l'environnement, lesquels ont nettement haussé le ton depuis la catastrophe de Fukushima (Japon).

Sincère appréhension d'un nouveau drame de l'atome ? Volonté de ménager la susceptibilité des responsables d'EELV (Europe Ecologie-Les Verts), à défaut d'aller aussi loin dans la « dénucléarisation » que ce qu'aurait souhaité le parti de Cécile Duflot et consorts ? Etonnamment fort peu disert sur le sujet depuis son élection, le nouveau chef de l'Etat a en tout cas confirmé son intention mi-septembre lors de la Conférence environnementale, assénant ainsi le coup de grâce à des locaux qui, pour l'écrasante majorité d'entre eux, n'ont de cesse de vanter la fiabilité de « leur » centrale ? laquelle, suivant les recommandations de l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire), n'en fera pas moins l'objet d'importants travaux de rénovation évalués à plus de cent millions d'euros ? et espéraient peut-être encore que l'Elysée se ravise.

Un « délai tenable »

Officiellement prévue pour fin 2016, la fermeture de la structure alsacienne est sans surprise loin de faire l'unanimité, nonobstant ses défaillances et sa construction dans une zone sismique, en bordure du Grand canal d'Alsace. Elle sera effective via « une disposition législative » dans la loi de programmation énergétique qui doit être votée cet automne au terme du grand débat national sur la transition énergétique, a indiqué vendredi la ministre de l'Ecologie Delphine Batho, citée par nos confrères de l'AFP et selon laquelle une mise à l'arrêt d'ici fin 2016 constitue un « délai tenable ».

Des propos intervenus quelques jours après que l'ASN ait de son côté estimé que la fermeture nécessiterait « environ cinq ans » du fait de la lourdeur des procédures. Ayant vocation à servir de modèle pour d'autres mises à l'arrêt sur le territoire national, étant entendu que la France est supposée réduire la part du nucléaire dans son panache énergétique de 75 à 50 % à l'horizon 2025, celle-ci pourrait toutefois se heurter à des considérations liées à l'emploi, même si le démantèlement de la centrale doit permettre d'éviter une vague de licenciements.

Une chose est sûre : politiquement, économiquement et sur le plan énergétique, la mise à l'arrêt de Fessenheim ne sera pas une partie de plaisir. Un renoncement pourrait de surcroît porter un coup très dur à la crédibilité du pouvoir en place.
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