La centrale de Fessenheim fermera cette année, selon Cosse

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EMMANUELLE COSSE ANNONCE LA FERMETURE DE LA CENTRALE DE FESSENHEIM EN 2016
EMMANUELLE COSSE ANNONCE LA FERMETURE DE LA CENTRALE DE FESSENHEIM EN 2016

PARIS (Reuters) - La centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, sera fermée d'ici la fin de l'année, a assuré dimanche la ministre du Logement Emmanuelle Cosse lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

"Le calendrier, c'est celui que m'a répété à plusieurs reprises le président de la République, c'est 2016", a déclaré l'ancienne dirigeante d'Europe Ecologie-Les Verts, qui s'est mise en retrait du parti écologiste en rejoignant le gouvernement lors du remaniement du 11 février.

François Hollande avait promis la fermeture de Fessenheim avant la fin de son quinquennat. Mais il a reconnu en septembre dernier que la centrale ne pourrait fermer en 2016, en raison du retard du chantier de l'EPR de Flamanville, dans le Manche, dont l'ouverture a été reportée à fin 2018.

"Le président de la République s'est engagé à fermer Fessenheim d'ici la fin 2016. C'est ça, la date", a martelé Emmanuelle Cosse.

"Le plus judicieux est de fermer cette centrale cette année", a estimé la ministre du Logement en évoquant notamment l'ancienneté de cette centrale, sa position non loin des frontières avec l'Allemagne et la Suisse, ainsi que les "pannes à répétition, quasiment chaque semaine" qui y surviennent.

POLÉMIQUE TRANSFRONTALIÈRE

Des médias allemands ont indiqué cette semaine qu'un incident survenu en 2014 dans cette centrale aurait été plus grave qu'annoncé, ce qui a été démenti par l'Autorité française de sûreté nucléaire (ASN).

La ministre allemande de l'Environnement Barbara Hendricks, sans contester les conclusions de l'ASN, a estimé que cette centrale était "trop vieille" et qu'elle "devrait être fermée le plus vite possible", une position qu'elle avait déjà exprimée à plusieurs reprises.

Engagement de campagne du chef de l'Etat, la fermeture de la centrale alsacienne s'inscrit dans le cadre de la loi sur la transition énergétique adoptée l'an dernier, qui prévoit un plafonnement de la production d'énergie nucléaire puis une réduction de sa part dans la production d'électricité en France de 75% à 50% à horizon 2025.

"Pour aboutir à la baisse de la part du nucléaire d'ici 2025, il faudra fermer d'autres centrales, il faudra fermer d'autres réacteurs évidemment, sur plusieurs années", a expliqué Emmanuelle Cosse en ajoutant que "fermer un réacteur est la chose la plus simple qui soit".

La nouvelle ministre du Logement a assuré que cela n'entrait pas en contradiction avec le fait que la ministre de l'Environnement et de l'Energie Ségolène Royal ait annoncé dimanche dernier être prête à donner son feu vert au prolongement de dix ans de la vie des centrales nucléaires françaises, sous réserve d'un avis positif de l'Autorité de sûreté nucléaire.

L'objectif fixé dans le cadre de la loi sur la transition énergétique implique que des centrales soient fermées mais aussi "que peut-être des centrales soient prolongées puisque c'est une sortie progressive du nucléaire et que nous aurons un certain nombre de centrales qui arriveront à 40 ans dans les années qui viennent", a indiqué Emmanuelle Cosse.

Elle a cependant insisté sur l'aspect encore conditionnel de telles prolongations, non seulement en raison de la nécessité d'une autorisation de l'ASN mais aussi en raison du coût des travaux nécessaires pour une éventuelle prolongation de la durée de vie de certaines centrales nucléaires.

"La question est de savoir si demain l'Etat et EDF souhaiteront mettre cet argent-là dans la prolongation de centrales ou est-ce que l'Etat et EDF souhaiteront par exemple les mettre dans le développement des énergies renouvelables", a-t-elle dit.

(Myriam Rivet, édité par Henri-Pierre André)

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  • gchevrie il y a 9 mois

    Evidemment , l'AFP s'est précipité pour ressortir cette anerie de Cosse .