La Centrafrique élit son président et ses députés

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ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLE ET LÉGISLATIVES EN CENTRAFRIQUE
ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLE ET LÉGISLATIVES EN CENTRAFRIQUE

par Crispin Debassa-Kette

BANGUI (Reuters) - Les bureaux de vote ont ouvert mercredi en République centrafricaine pour des élections présidentielle et législatives qui visent à rétablir la règle démocratique dans un pays divisé où les violences communautaires ont fait des milliers de morts.

Trente candidats briguent la présidence. En l'absence de sondage d'opinion, il est difficile de prédire qui l'emportera.

Parmi les candidats les plus en vue figurent les anciens Premiers ministres Anicet-Georges Dologuélé (1999-2001), soutenu par le parti de l'ex-président centrafricain François Bozizé, et Martin Ziguélé (2001-2003).

Ce dernier a reçu mardi un soutien de taille avec le ralliement à sa candidature des milices chrétiennes "anti-balaka".

Parmi les autres candidats présentés comme bien placés figurent l'ancien ministre des Affaires étrangères Karim Meckassoua, et Bilal Désiré Nzanga-Kolingba, fils d'un ancien président.

Les membres ou anciens membres du gouvernement de transition, au premier rang desquels la présidente intérimaire Catherine Samba-Panza, en place depuis 2014, n'ont pas été autorisés à se présenter.

Les élections à la présidence et à l'Assemblée nationale, plusieurs fois repoussées, étaient à l'origine prévues dimanche. Un problème d'acheminement des urnes et de formation des assesseurs a obligé à ce report de trois jours.

En septembre, les troubles qui avaient éclaté dans la capitale, Bangui, avaient déjà contraint les autorités à retarder le scrutin.

Le pays, majoritairement chrétien, a basculé dans la violence en 2013 après la prise du pouvoir en début d'année par un groupe de rebelles musulmans, appelé Séléka, qui a renversé le président François Bozizé. Ce coup de force a suscité des représailles de la part des milices chrétiennes anti-balaka.

L'enchaînement des violences a contraint près de 20% des cinq millions de Centrafricains à fuir leur domicile et laissé l'essentiel du nord et de l'est du pays aux mains des groupes musulmans qui refusent d'obéir au gouvernement de transition.

Juste avant les élections, la Centrafrique a approuvé par référendum, les 13 et 14 décembre, une nouvelle constitution. Cette consultation a été marquée par des violences dans le quartier de PK-5 à Bangui. Mais selon la Britannique Diane Corner, chef adjointe de la Minusca, la Mission de l'Onu en Centrafrique, le référendum s'est déroulé normalement dans 80% des bureaux de vote du pays.

Le déroulement du référendum a également été perturbé à Bossangoa, un fief de Bozizé, ainsi que dans certaines parties du Nord-Est sous le contrôle des groupes Séléka.

Le désarmement des différentes factions, qui n'a pu être mené à bien avant les scrutins de mercredi, sera un des grands défis du futur président.

(Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français,édité par Jean-Stéphane Brosse)

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