La Centrafrique élit son président et ses députés

le , mis à jour à 19:16
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 (Actualisé, fermeture des bureaux, communiqué, §§ 1, 2, 5, 6) 
    par Crispin Debassa-Kette 
    BANGUI, 30 décembre (Reuters) - Les électeurs centrafricains 
ont voté mercredi pour des scrutins présidentiel et législatif 
qui visent à rétablir la règle démocratique dans un pays divisé 
où les affrontements communautaires ont fait des milliers de 
morts. 
    La journée s'est déroulée sans violences. 
    Les casques bleus de la Minusca patrouillaient dans les rues 
de la capitale Bangui et des transports de troupes blindés 
étaient positionnés devant les bureaux.  
    "Nous sommes venus voter parce que nous voulons être libres 
de reprendre notre métier. Nous voulons la fin de ce conflit", a 
déclaré Gradias Vara, un homme d'affaires. 
    Les bureaux de vote ont commencé à fermer comme prévu à 
17h00 (16h00 GMT) mais certaines opérations avaient encore lieu 
après l'heure officielle de fermeture.  
    L'autorité électorale a annoncé que le vote pour l'élection 
des députés serait de nouveau organisé dans certains secteurs 
parce que les bulletins de vote n'avaient pu être livrés. Aucune 
nouvelle date n'a été fixée. 
    Des résultats provisoires seront dévoilés dans les prochains 
jours et la Cour constitutionnelle a quinze jours pour proclamer 
les résultats définitifs.  
    Trente candidats briguent la présidence. En l'absence de 
sondage d'opinion, il est difficile de prédire qui l'emportera. 
    Parmi les candidats les plus en vue figurent les anciens 
Premiers ministres Anicet-Georges Dologuélé (1999-2001), soutenu 
par le parti de l'ex-président centrafricain François Bozizé, et 
Martin Ziguélé (2001-2003).  
    Ce dernier a reçu mardi un soutien de taille avec le 
ralliement à sa candidature des milices chrétiennes 
"anti-balaka". 
    L'ancien ministre des Affaires étrangères Karim Meckassoua, 
et Bilal Désiré Nzanga-Kolingba, fils d'un ancien président, 
comptent parmi les autres candidats bien placés. 
     
    LE DÉFI DU DÉSARMEMENT  
    Les membres ou anciens membres du gouvernement de 
transition, au premier rang desquels la présidente intérimaire 
Catherine Samba-Panza, en place depuis 2014, n'ont pas été 
autorisés à se présenter. 
    Les élections à la présidence et à l'Assemblée nationale, 
plusieurs fois repoussées, étaient à l'origine prévues dimanche. 
Un problème d'acheminement des urnes et de formation des 
assesseurs a obligé à ce report de trois jours.  
    En septembre, les troubles qui avaient éclaté dans la 
capitale, Bangui, avaient déjà contraint les autorités à 
retarder le scrutin. 
    Le pays, majoritairement chrétien, a basculé dans la 
violence en 2013 après la prise du pouvoir en début d'année par 
un groupe de rebelles musulmans, appelé Séléka, qui a renversé 
le président François Bozizé. Ce coup de force a suscité des 
représailles de la part des milices chrétiennes anti-balaka. 
    L'enchaînement des violences a contraint près de 20% des 
cinq millions de Centrafricains à fuir leur domicile et laissé 
l'essentiel du nord et de l'est du pays aux mains des groupes 
musulmans qui refusent d'obéir au gouvernement de transition. 
    Juste avant les élections, la Centrafrique a approuvé par 
référendum, les 13 et 14 décembre, une nouvelle constitution. 
Cette consultation a été marquée par des violences dans le 
quartier de PK-5 à Bangui. Mais selon la Britannique Diane 
Corner, chef adjointe de la Minusca, la Mission de l'Onu en 
Centrafrique, le référendum s'est déroulé normalement dans 80% 
des bureaux de vote du pays.  ID:nL8N1420GA  
    Le déroulement du référendum a également été perturbé à 
Bossangoa, un fief de Bozizé, ainsi que dans certaines parties 
du Nord-Est sous le contrôle des groupes Séléka. 
    Le désarmement des différentes factions, qui n'a pu être 
mené à bien avant les scrutins de mercredi, sera un des grands 
défis du futur président. 
 
 (Henri-Pierre André, Danielle Rouquié, Jean-Stéphane Brosse et 
Guy Kerivel pour le service français) 
 
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