La CE propose de reporter MiFID II à 2018

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 (Actualisé avec communiqué de la CE, contexte) 
    LONDRES, 10 février (Reuters) - La Commission européenne a 
proposé mercredi de reporter d'un an, à janvier 2018, l'entrée 
en vigueur de la directive MiFID II, qui réforme les règles en 
vigueur sur les marchés d'instruments financiers, en arguant du 
caractère "exceptionnel" du défi technique qu'elle représente. 
    Le texte est censé adapter la régulation européenne des 
marchés financiers aux innovations technologiques en matière de 
transactions tout en améliorant la transparence des marchés 
actions et obligataire et en tirant les leçons de la crise 
financière. 
    Elle prévoit notamment que les transactions sur les produits 
dérivés financiers majoritairement réalisées aujourd'hui sur le 
marché de gré à gré basculeront progressivement sur des 
plateformes réglementées.  
    "Cette prolongation, explique la Commission, se justifie par 
la complexité des infrastructures techniques à mettre en place 
pour permettre à ses dispositions de produire tous leurs 
effets".  
    Elle précise que l'application de MiFID II implique que 
l'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) devra 
collecter des données sur une quinzaine de millions 
d'instruments financiers auprès de quelque 300 plateformes de 
négociation. 
    Si l'exécutif communautaire assure que le report "se limite 
à ce qui est strictement nécessaire pour permettre la 
finalisation des travaux techniques de mise en œuvre", certains 
Etats membres de l'Union et des élus du Parlement européen 
espèrent qu'il permettra de modifier le texte sur le fond, 
certains points restant contestés.  
    La France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, entre autres, 
ont dit craindre qu'une transparence excessive sur les marchés 
obligataires conduise certains investisseurs à s'en retirer, ce 
qui nuirait à une liquidité déjà mise à mal.  
    Pour sa part, la Financial Conduct Authority (FCA) 
britannique, qui supervise le plus gros marché financier 
d'Europe, juge que MiFID II imposerait des contraintes inutiles 
à des centaines de produits dérivés sur des matières premières.  
    Le président de l'AEMF, Steven Maijoor, a déclaré récemment 
à Reuters qu'un report d'un an pourrait être insuffisant si les 
Etats membres et les députés européens restaient en désaccord 
sur les conditions de mise en oeuvre de la directive.  
     
 
 (Huw Jones; Marc Angrand pour le service français, édité par 
Wilfrid Exbrayat) 
 
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