La CE estime que la Grèce a négligé ses contrôles frontaliers

le
3
BRUXELLES DEMANDE À LA GRÈCE DE MIEUX CONTRÔLER SES FRONTIÈRES
BRUXELLES DEMANDE À LA GRÈCE DE MIEUX CONTRÔLER SES FRONTIÈRES

par Alastair Macdonald et Gabriela Baczynska

BRUXELLES (Reuters) - La Grèce a "gravement négligé" les obligations prévues par les accords de Schengen pour la surveillance de ses frontières et doit y remédier dans les trois mois si elle ne veut pas courir le risque de se retrouver de facto suspendue de l'espace européen de libre circulation.

"Le projet de rapport conclut que la Grèce a gravement négligé ses obligations et qu'il y a de graves lacunes de la part des autorités grecques dans la mise en oeuvre des contrôles à la frontière externe" de l'espace Schengen, a déclaré mercredi le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, lors d'un point de presse.

Les conclusions de la Commission européenne, discutées par les commissaires lors de leur réunion hebdomadaire du mercredi, constituent une étape clé vers une extension temporaire, pour une période pouvant aller jusqu'à deux ans, des contrôles frontaliers imposés par certains pays membres au sein même de l'espace Schengen à la suite de la crise migratoire.

"Si les mesures nécessaires ne sont pas prises et que les lacunes persistent, il y a une possibilité (...) que des Etats membres soient autorisés à fermer provisoirement leurs frontières", a ajouté Valdis Dombrovskis.

Dans les faits, la Grèce n'a pas de frontières communes avec un autre Etat membre de l'espace Schengen, donc l'instauration de nouveaux contrôles, aux termes de l'article 26 du code de Schengen, ne concernera que les ports et les aéroports européens où arrivent des voyageurs en provenance de Grèce.

Dombrovskis a souligné que la Commission européenne voulait préserver l'espace Schengen et a reconnu que la Grèce avait amélioré depuis novembre, mais encore insuffisamment, les contrôles à ses frontières.

Lundi, les ministres de l'Intérieur de l'UE, réunis à Amsterdam, ont demandé à la Commission européenne de préparer le cadre juridique pour permettre le maintien, si nécessaire pour deux ans, des contrôles frontaliers rétablis par certains pays membres de Schengen.

FERMETURES DE FRONTIÈRES

L'espace Schengen de libre circulation en Europe rassemble 26 Etats, dont 22 sont membres de l'UE. Six pays ont décidé de rétablir momentanément des contrôles à leurs frontières. Il s'agit de l'Allemagne, de l'Autriche, de la France, du Danemark, de la Suède et de la Norvège. Ces contrôles peuvent rester en place jusqu'en mai prochain.

D'après la réglementation de Schengen, les vérifications temporaires aux frontières internes peuvent être prolongées pour une période de deux années maximum.

Pour que cette disposition soit appliquée, les Etats de l'UE doivent être d'accord pour dire que des "insuffisances graves et persistantes" dans les contrôles aux frontières extérieures de Schengen mettent en péril l'existence même de l'UE.

La décision doit être approuvée à la majorité qualifiée par le Conseil européen des 28 chefs d'Etat et de gouvernement.

La fermeture des frontières allemandes, a estimé mercredi le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, causerait d'"énormes problèmes économiques".

Selon les chiffres publiés vendredi par Frontex, l'agence européenne des frontières, 108.000 migrants sont arrivés en Grèce en décembre, ce qui porte le total pour la Grèce à 1,04 million en 2015, soit cinq fois plus que l'année précédente.

L'UE a pris l'an dernier des mesures, notamment financières, pour aider Athènes à faire face à cette situation mais de nombreux Etats membres jugent que le gouvernement grec n'a pas répondu à leurs attentes. Sur les cinq centres d'enregistrement des migrants ("hot spots") que la Grèce était censée mettre en place, un seul est aujourd'hui opérationnel.

"Si nous ne pouvons pas protéger la frontière extérieure de l'UE, la frontière gréco-turque, alors la frontière extérieure de Schengen sera déplacée vers l'Europe centrale", a averti lundi la ministre autrichienne de l'Intérieur, Johanna Mikl-Leitner.

(Avev Michael Nienaber; Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M4404523 le mercredi 27 jan 2016 à 17:58

    Les responsabilités sont-elles qu'à l'arrivée ??

  • M4404523 le mercredi 27 jan 2016 à 17:40

    Combien de passeurs ou trafiquants d'être humains ont été emprisonné ?? même si on met trois gardiens de but dans une cage et que 50 personnes tirent, peut on dire que les gardiens sont nuls???

  • guerber3 le mercredi 27 jan 2016 à 16:54

    La Grèce est en faillite et n' a plus les moyens pour rien...!