La CE demande des réformes à la France, l'Allemagne et l'Italie

le
0
 (Actualisé avec précisions, conférence de presse) 
    BRUXELLES, 22 février (Reuters) - La France doit poursuivre 
ses efforts de réforme pour corriger ses déséquilibres 
économiques "excessifs", a jugé mercredi la Commission 
européenne, tout en reprochant à l'Allemagne l'ampleur de son 
excédent courant et en rappelant à l'Italie sa promesse de 
réduire son déficit. 
    Lors de la présentation de l'évaluation détaillée de la 
situation économique et sociale dans les États membres, 
l'exécutif communautaire, tout en notant des progrès, a confirmé 
 que la France figurait dans la catégorie des pays présentant 
des déséquilibres excessifs aux côtés de l'Italie, du Portugal, 
de la Bulgarie, de la Croatie et de Chypre. 
    "Il y a eu des progrès mais ce sont des progrès qui sont à 
confirmer et il faut certainement continuer ces réformes et 
faire davantage", a déclaré le commissaire aux Affaires 
économiques et financières, Pierre Moscovici, lors d'une 
conférence de presse.  
    "Ce sera la responsabilité du prochain gouvernement (...) et 
nous serons très attentifs aux réformes qui seront présentées à 
ce moment-là", a-t-il ajouté, expliquant que si les réformes 
nécessaires sont au rendez-vous, la Commission pourrait 
reclasser la France dans la catégorie des pays en déséquilibre, 
et plus en déséquilibre excessif. 
    La Commission estime que Paris doit entre autres réformer le 
salaire minimum et le système d'allocations de chômage, tout en 
améliorant son système éducatif. 
    A propos de l'Allemagne, première économie de l'UE, la CE 
regrette la hausse continue de l'excédent des comptes courants 
ces deux dernières années, un excédent qui n'est, selon Pierre 
Moscovici, "pas sain" et crée des distorsions "très 
significatives, tant politique qu'économiques, pour la zone euro 
tout entière". 
     
    L'ITALIE PRIÉE D'AGIR RAPIDEMENT 
    "L'Allemagne a commencé l'année dernière à relancer 
l'investissement public, comme nous le demandions. Il faut faire 
plus", a-t-il insisté. 
    L'exécutif a également averti l'Italie qu'elle pourrait 
faire l'objet d'une procédure disciplinaire en raison de sa 
dette excessive si elle ne prenait pas d'ici au 2 avril des 
mesures d'économies représentant au moins 0,2% de son produit 
intérieur brut. 
    Il s'agit d'un nouvel avertissement de la part de l'exécutif 
européen, qui a adressé le 17 janvier dernier une lettre à Rome 
pour demander des mesures permettant de réduire le déficit de 
3,4 milliards d'euros de plus que prévu. 
    La dette de l'Italie pourrait atteindre 133,3% du PIB cette 
année après 132,8% en 2016, selon les dernière projection de la 
Commission, alors que selon le droit communautaire, la dette est 
censée se réduire de 3,6 points de PIB par an. 
    Le gouvernement italien s'est déclaré en début de mois prêt 
à augmenter les recettes fiscales et à réduire les dépenses 
publiques pour apaiser les inquiétudes des autorités européennes 
sur son budget 2017.   
    Le ministre italien de l'Economie, Pier Carlo Padoan, a 
assuré Bruxelles que son pays adopterait les mesures 
nécessaires, sans préciser le montant total de l'ajustement 
prévu. 
     
 
 (Jan Strupczewski et Francesco Guarascio; Yann Le Guernigou, 
Marc Angrand et Patrick Vignal pour le service français, édité 
par Véronique Tison) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux