La CDU devancée par AfD dans le land de Merkel

le , mis à jour à 19:45
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 (Actualisé avec projections) 
    par Andrea Shalal et Erik Kirschbaum 
    BERLIN, 4 septembre (Reuters) - L'Union chrétienne-démocrate 
(CDU) d'Angela Merkel, devancée par le parti social démocrate 
(SPD) mais aussi par le mouvement anti-immigration Alternative 
pour l'Allemagne (AfD), a dû se contenter dimanche de la 
troisième place aux élections régionales du Land de 
Mecklembourg-Poméranie occidentale, selon les sondages réalisés 
à la sortie des urnes. 
    D'après les projections de la ZDF, la formation de droite 
radicale, qui dénonce la politique d'accueil des réfugiés de la 
chancelière, a remporté 21,4% des suffrages.  
    C'est la première fois que l'AfD devance la CDU. Le scrutin 
s'est déroulé un an jour pour jour après la décision de Merkel 
d'ouvrir les frontières aux réfugiés qui étaient bloqués en 
Hongrie et un an avant les élections législatives fédérales, où 
elle pourrait briguer un quatrième mandat. 
    Le SPD, qui gouverne ce Land rural sur le bord de la 
Baltique avec la CDU depuis 2006, a recueilli 30,2% des voix, 
contre 35,6% lors de la précédente élection en 2011, tandis que 
la CDU est passée de 23% des voix il y a cinq ans à 19,8. C'est 
son plus mauvais résultat dans cette région de l'ex-Allemagne de 
l'Est où la chancelière a entamé sa carrière politique après la 
chute du mur de Berlin.  
    Le parti de gauche radicale Die Linke a obtenu 12,5% des 
suffrages, contre 18,4% en 2011 et les Verts ont remporté 5% des 
voix, contre 8,7%.  
    Le parti d'extrême droite NPD a été éjecté de l'assemblée 
régionale en passant sous le seuil des 5% requis pour la 
première fois depuis 2006, avec 3,5% des voix contre 6% en 2011. 
    "Ce n'est pas terrible pour nous. Le vote en faveur d'AfD 
est un message de protestation", a commenté le député CDU 
Michael Grosse-Gröhmer, sur l'antenne de la ZDF.   
     
    "UNE CLAQUE POUR MERKEL" 
    Frauke Petry, coprésidente d'AfD, a quant à elle parlé d'une 
"claque" pour la chancelière. "Les électeurs ont clairement 
rejeté la politique désastreuse de Merkel en matière 
d'immigration", a-t-elle ajouté.  
    Malgré leur recul, la coalition formée par le SPD et la CDU, 
qui décrochent respectivement 24 et 16 sièges, peut être 
reconduite. L'AfD, deuxième force parlementaire du Land, compte 
18 élus.  
    Le SPD, qui est également en mesure de former une coalition 
avec les Verts, n'a pas exclu de le faire.  
    Créé en 2013 initialement contre les plans de renflouement 
financier dans la zone euro, l'AfD s'est mué en un parti 
anti-immigration, incarnant une ligne opposée à celle de Merkel. 
    En mars dernier, il en a engrangé le fruit aux régionales 
dans les länder du Bade-Wurtemberg, de Rhénanie-Palatinat et 
surtout de Saxe-Anhalt où, avec plus de 24% des voix, il est 
devenu la deuxième force politique régionale, talonnant la CDU. 
    Angela Merkel, qui a effectué samedi un ultime déplacement 
de campagne à Bad Doberan, une petite localité de son land 
d'origine, avait mis en garde contre la "politique de la peur" 
qu'incarne à ses yeux l'AfD. 
    "Chaque voix va compter", a-t-elle dit. "Cette élection 
porte sur l'avenir de ce Land", a poursuivi la chancelière, 
demandant aux électeurs de passer outre les slogans de campagne 
et de mesurer les effets de la politique menée par la coalition 
sortante, à laquelle participe la CDU, qui a divisé le chômage 
par deux et encouragé le développement du tourisme. 
     
    "LA BONNE CHOSE À FAIRE" 
    Dans une interview accordée samedi au quotidien Bild, le 
journal le plus lu du pays, elle défend par ailleurs la décision 
prise le 4 septembre 2015 d'ouvrir les frontières de l'Allemagne 
aux dizaines de milliers de réfugiés qui étaient bloqués en 
Hongrie, pays de première arrivée dans l'espace européen. 
    La chancelière ajoute que l'effort financier qui a 
accompagné l'arrivée d'un million de migrants en provenance 
notamment de Syrie, d'Irak et d'Afrique du Nord n'a privé aucun 
Allemand des prestations ou allocations sociales. 
    Un an après cette décision qualifiée à l'époque de geste 
humanitaire, sa cote de popularité est tombée au plus bas de ces 
cinq dernières années, à 45%. Pour 63% des Allemands interrogés 
par l'institut Emnid, sa politique d'accueil est le principal 
facteur de l'essor électoral de l'AfD. 
    Les agressions sexuelles du nouvel an à Cologne et dans 
d'autres villes du pays puis la série d'attaques commises en 
juillet dernier, dont deux ont été revendiquées par 
l'organisation Etat islamique (EI), ont alimenté le débat sur la 
capacité de la société allemande à intégrer cet afflux. 
    Dans les sondages nationaux, l'AfD est crédité de 12% des 
intentions de vote, ce qui en fait la troisième force politique 
et lui permettrait, surtout, d'accéder pour la première fois au 
Bundestag, le parlement fédéral. 
    Si c'était à refaire, juge cependant Merkel dans les 
colonnes de Bild, elle le referait. "Il est absolument évident 
qu'une année comme l'an dernier ne peut pas être reproduite 
(...) Mais assumer cette responsabilité humanitaire et continuer 
à le faire était la bonne chose à faire, ", dit-elle. 
 
 (avec Andreas Rinke, Hans-Edzard Busemann et Noah Barkin; 
Henri-Pierre André et Tangi Salaün pour le service français) 
 
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