La CDC et Abou Dhabi créent un consortium pour TIGF

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par Sophie Sassard et Christian Plumb

LONDRES/PARIS (Reuters) - La Caisse des Dépôts (CDC) s'est associée au fonds d'investissement Adia d'Abou Dhabi pour créer un consortium dans le but de soumettre une offre sur TIGF, la filiale de transport et de stockage du gaz de Total, ont déclaré des sources mardi.

La création de ce nouveau consortium accroît la pression sur ceux emmenés par EDF et par l'espagnol Enagas, à quelques semaines de la date limite de dépôt des offres de rachat de cet actif d'une valeur estimée à 2,5 milliards d'euros.

Le consortium "géant" issu de cette alliance inclut également Axa Private Equity (PE), les assureurs français Predica et CNP Assurances, le groupe gazier belge Fluxys et le fonds de pension néerlandais PGGM, apprend-on de même source.

"L'émergence de cet énorme consortium a changé les règles du jeu dans le sens qu'elle a tué la concurrence et la motivation", a dit une personne proche d'un concurrent.

"Le fait d'être considérés comme favoris n'encouragera pas la CDC et ses associés à être généreux. Pour Total, ce n'est pas la meilleure façon de maximiser la valeur".

Total, CDC et EDF se sont abstenus de tout commentaire. Adia n'était pas disponible dans l'immédiat.

La logique de ce consortium élargi est de combiner la puissance financière d'Axa et d'Adia avec l'expertise industrielle de Fluxys et la bénédiction politique de la Caisse des Dépôts, ont précisé les sources.

Ce projet de mise en vente de TIGF, qui s'inscrit dans le cadre du programme de Total de céder pour 15 à 20 milliards de dollars d'actifs (environ 11,5 à 15,4 milliards d'euros), doit permettre au groupe pétrolier de financer ses investissements et de doper sa génération de trésorerie.

Si la direction de Total souhaite aller vite sur ce dossier, le gouvernement français y sera attentif vu le rôle de service public de TIGF, qui emploie en outre de nombreux salariés, dans un contexte de taux de chômage à un pic de 13 ans.

Dans ce contexte, les candidats sans "French touch" risquent d'être pénalisés, ajoute-t-on de mêmes sources, évoquant notamment Enagas et son partenaire canadien Borealis, qui n'envisagent pas de recruter un associé français pour l'instant, selon deux sources proches du dit consortium.

"Même un peu de saupoudrage français ne changera pas le sentiment envers ce qui est largement considéré comme un consortium espagnol", souligne l'une des sources.

Malgré ses racines françaises, le consortium d'EDF devrait être essentiellement contrôlé par ses partenaires étrangers, soit le fonds singapourien GIC et le groupe de services collectifs italien Snam, ajoute-t-on.

Pour l'heure, les candidats intéressés examinent les comptes de TIGF et jusqu'à présent aucun n'a déposé d'offre sur la table, ont encore dit les sources.

Juliette Rouillon et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

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