La Catalogne maintient sa consultation citoyenne

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(Actualisé avec nouvelles déclarations de l'exécutif catalan, réactions) par Inmaculada Sanz MADRID, 4 novembre (Reuters) - Le gouvernement régional de Catalogne a annoncé mardi le maintien de sa "consultation citoyenne" sur l'indépendance prévue ce dimanche malgré sa suspension ordonnée par le tribunal constitutionnel espagnol. "Tout est prêt pour le 9 novembre et le gouvernement a maintenu le processus de participation citoyenne", a déclaré le porte-parole de la Généralité de Catalogne, Francesc Homs, lors d'une conférence de presse à Barcelone. Le tribunal constitutionnel avait pourtant décidé quelques heures plus tôt "la suspension des actes du gouvernement catalan liés à l'organisation d'un processus de participation citoyenne le 9 novembre". Pour le gouvernement espagnol, qui avait saisi la haute juridiction vendredi, ce "vote symbolique" constitue dans les faits un référendum à peine voilé sur la sécession. En septembre, la haute cour avait déjà suspendu le projet de référendum stricto sensu que la Généralité de Catalogne voulait organiser sur l'indépendance de la province. A la suite de cette décision, Artur Mas, président de l'exécutif régional, avait alors annoncé l'abandon du projet de référendum et son remplacement par cette "consultation citoyenne". Sa suspension ordonnée par le tribunal constitutionnel ne devrait pas dissuader des dizaines de milliers de Catalans d'y prendre part dimanche et de manifester pour l'indépendance. "Aujourd'hui plus que jamais nous devons être unis pour défendre la détermination et la liberté d'expression des citoyens", a poursuivi le porte-parole de l'exécutif régional. "SI QUELQU'UN PENSE QU'UN FAX ARRÊTERA LES CATALANS..." La Generalitat a réaffirmé en outre que cette consultation était "un moyen de garantir la liberté d'expression des Catalans" et a affiché sa volonté de poursuivre le gouvernement espagnol devant le tribunal constitutionnel pour "atteintes à la liberté d'opinion, d'expression et de participation". "Si quelqu'un pense qu'un fax arrêtera le peuple de Catalogne, c'est qu'il ne connaît pas le peuple de Catalogne", a balayé Alfred Bosch, porte-parole du groupe de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) au parlement régional, partisan de cette consultation. On ignore en revanche quelle sera l'attitude des autorités centrales espagnoles, et notamment si elles engageront des poursuites judiciaires contre ses organisateurs. L'issue serrée du référendum du 18 septembre dernier sur la sécession de l'Ecosse, même si les nationalistes ont été devancés par les partisans du maintien dans le Royaume-Uni, a galvanisé le camp séparatiste catalan. A la grande différence du cas écossais, où le vote avait été autorisé par Londres, le gouvernement central espagnol refuse de laisser les Catalans voter sur leur avenir institutionnel. Madrid s'appuie sur la constitution de 1978 qui garantit l'unité espagnole et affirme dans son Article 1er que "la souveraineté nationale réside dans le peuple espagnol". "Aucun dirigeant ne peut décider ce qu'il veut ou ce qu'il ne veut pas respecter, la loi est la même pour tous", a répété mardi la vice-présidente du gouvernement espagnole, Soraya Saenz de Santamaria. Le projet de "consultation citoyenne" prévoit de poser une double question: "Est-ce que la Catalogne est un Etat ?" et, dans l'affirmative, "Voulez-vous que cet Etat soit indépendant ?". D'après un sondage du Centre des études d'opinion de la Generalitat diffusé la semaine dernière, 64% des Catalans voteraient oui à la première question et 77% à la seconde, soit, au total, un résultat de 49,4% des votants en faveur de l'indépendance. (avec Raquel Castillo; Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français)

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