La capitale burundaise calme après des tirs intenses dans la nuit

le , mis à jour à 11:04
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BUJUMBURA, 21 mai (Reuters) - Un calme tendu régnait jeudi matin à Bujumbura, la capitale du Burundi, après une nuit de tirs intenses, notamment dans le quartier de Musaga, où les habitants ont fait état de heurts entre jeunes et policiers. Des journalistes de Reuters entrant dans Musaga jeudi matin ont vu des dizaines de policiers armés de fusils automatiques et de lanceurs de grenades lacrymogènes, ainsi que quelques militaires. En revanche, il n'y avait pas de signe des rassemblements de manifestants constatés chaque matin ces trois dernières semaines dans la capitale pour protester contre la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat le mois prochain, contrairement à ce que stipule la Constitution. "Il y a eu des tirs pendant la nuit. La tension était très forte", raconte Bosco, 28 ans, qui habite le quartier de Musaga. Dans un discours à la télévision mercredi soir, le président Nkurunziza a brandi le spectre de la guerre civile. "Aucun Burundais ne veut revivre les tensions de la division ethnique ou de tout autre nature", a déclaré le chef de l'Etat à propos du conflit entre Hutus et Tutsis qui a fait 300.000 morts entre 1993 et 2005. "Le sang qui a été versé dans le passé nous a donné une leçon." Il fait valoir que sa candidature à un troisième mandat ne viole pas la Constitution parce qu'à ses yeux son premier mandat ne compte pas, ayant été élu par le Parlement et non au suffrage universel direct. (Edmund Blair; Danielle Rouquié pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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