La campagne électorale US marquée par le "sectarisme"-responsable de l'Onu

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    GENEVE, 16 avril (Reuters) - Le Haut Commissaire des Nations 
unies aux droits de l'homme s'en est vivement pris vendredi sans 
le nommer à Donald Trump et à d'autres candidats à l'élection 
présidentielle aux Etats-Unis, accusés de promouvoir une 
intolérance susceptible d'aboutir à des atteintes aux droits 
humains. 
    "Le sectarisme n'est pas une preuve de puissante capacité à 
diriger. Elle est la preuve de l'absence la plus faible et la 
plus lâche de foi dans les principes qui soutiennent une 'terre 
de liberté'", a déclaré Zeid Ra'ad al Hussein dans un discours à 
l'université Case Western Reserve de Cleveland. 
    "A moins de 150 miles de l'endroit d'où je parle, un 
candidat faisant la course en tête pour être président de ce 
pays a exprimé, il y a seulement quelques mois, son soutien 
enthousiaste à la torture (...) au fait d'infliger des douleurs 
intolérables à des personnes pour les contraindre à fournir ou à 
inventer des informations qu'elles pourraient ne pas avoir. 
    "Nous avons entendu des calomnies haineuses à l'encontre 
d'étrangers, et plusieurs candidats déclarer leur soutien à une 
surveillance étendue et intrusive des gens en fonction de leurs 
croyances religieuses, des systèmes vastes et discriminatoires 
destinés à cibler et à établir une discrimination contre les 
musulmans", a-t-il poursuivi. 
    Zeid Ra'ad al Hussein a évoqué l'Holocauste par les nazis ou 
le génocide des musulmans de Bosnie dans les années 1990. 
    Il a déclaré que le monde aurait les yeux tournés vers 
Cleveland lorsque la grande ville de l'Ohio accueillera en 
juillet la convention au cours de laquelle le Parti républicain 
doit désigner son candidat à la présidentielle américaine de 
novembre. 
    Il a exprimé son "espoir le plus profond": que les 
Américains prouvent à cette occasion leur pleine compréhension 
de la dignité humaine et des droits de l'homme. 
    "Et pourtant, dans ce qui pourrait être une élection 
décisive pour la direction de ce pays cette année, nous avons 
assisté à une attaque frontale - maquillée en opération 
courageuse pour briser les tabous - contre certains principes 
fondamentaux, durement acquis, de morale et de cohésion sociale 
ayant été acceptés par la société américaine", a dit Zeid Ra'ad 
al Hussein. 
    Il a ajouté que le prix de cette rhétorique "dangereuse de 
division" serait payé par des innocents victimes d'actes de 
violences, et pas par les responsables politiques. 
    "Nous avons entendu ces appels à la haine, ces appels qui 
stigmatisent et diabolisent les minorités, enclenchant la 
justification de la violence", a souligné Zeid Ra'ad al Hussein. 
"Le véritable courage serait de s'élever pour défendre les 
grandes valeurs ancrées dans cette société." 
 
 (Tom Miles; Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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