La campagne électorale s'achève en Grèce dans l'incertitude

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par Michele Kambas et George Georgiopoulos ATHENES, 18 septembre (Reuters) - La campagne électorale en vue des législatives de dimanche en Grèce s'est achevée vendredi sans autre certitude que celle de voir le vainqueur devoir très probablement former un nouveau gouvernement de coalition. Les cinq derniers sondages publiés jeudi et vendredi donnent toujours le parti de gauche Syriza du Premier ministre sortant, Alexis Tsipras, et les conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND) au coude-à-coude, avec un courte avance pour l'un ou l'autre mais selon toute vraisemblance sans majorité absolue. Quel que soit le vainqueur, il devra mettre en oeuvre les difficiles réformes économiques imposées par les créanciers d'Athènes en contrepartie d'un troisième plan d'aide de 86 milliards d'euros, la recapitalisation des banques et la levée du contrôle des capitaux mis en place pour éviter une implosion du système financier l'été. L'exercice s'avère particulièrement périlleux pour Alexis Tsipras, qui a dû se soumettre aux exigences de ses partenaires européens après avoir tenté d'y résister, reniant la promesse de mettre fin à l'austérité qu'il avait faite lors de son arrivée au pouvoir en début d'année. Le chef de Syriza en a tiré les conséquences en convoquant ces élections anticipées, dans l'espoir de reconstituer une majorité solide après la défection d'une vingtaine d'élus de l'aile la plus à gauche de Syriza. Mais le pari d'Alexis Tsipras est risqué, son parti n'étant pas en mesure -- à en croire les sondages -- d'atteindre les 38% des voix jugées nécessaires pour disposer de la majorité absolue des 300 députés à la Vouli, ni même de l'emporter sur le parti conservateur de Vangelis Meïmarakis, qui a effectué une remontée spectaculaire dans les enquêtes d'opinion ces derniers mois. Syriza et ND ont tous les deux promis de mettre en oeuvre les réformes prévues par le plan de sauvetage, mais sont en désaccord sur des sujets importants comme la libéralisation du marché du travail, l'organisation des négociations collectives et l'immigration. "PROMESSES SANS LENDEMAIN" Dans la mesure où le principe du plan d'aide, qui a écarté la perspective d'une sortie de la Grèce de la zone euro, n'est pas remis en cause, nombreux sont ceux qui, à Bruxelles comme dans les autres capitales européennes, verraient d'un bon oeil la constitution d'un gouvernement d'union nationale. Mais Alexis Tsipras, qui n'a de cesse de rappeler que les instituts de sondages ont régulièrement sous-estimé les scores de la gauche radicale, espère encore triompher dimanche face au parti de son prédécesseur, Antonis Samaras, dont la victoire constituerait selon lui un retour en arrière pour la Grèce. "Je n'ai pas abandonné la lutte. J'ai choisi d'assumer mes responsabilités après avoir consenti des efforts considérables pour que ce pays reste debout", a déclaré le Premier ministre sortant lors d'un entretien télévisé jeudi soir. "L'enjeu crucial des élections est de savoir si c'est une force progressiste comme Syriza (qui va l'emporter), ou une conservatrice comme Nouvelle Démocratie", a-t-il ajouté. Alexis Tsipras a beau insister sur le succès qu'il estime avoir obtenu en arrachant aux créanciers la promesse d'ouvrir des négociations sur la réduction de la dette grecque, le nouveau dirigeant conservateur, Vangelis Meïmarakis, s'est engouffré dans la brèche du renoncement à sa promesse de mettre fin à l'austérité. "La question est simple. Devons-nous écouter des promesses sans lendemain et des voeux pieux, ou aller de l'avant de manière responsable avec un projet national?", a demandé Vangelis Meïmarakis à ses partisans rassemblés sur une place du centre d'Athènes. "Il est plus que temps de dire non à l'incompétence. L'expérience Syriza se termine dimanche", a-t-il asséné. Faute de majorité claire dans les sondages, l'issue du scrutin de dimanche pourrait être décidée par les nombreux indécis, dont beaucoup avaient voté pour Syriza en janvier mais ont été douchés par le revirement d'Alexis Tsipras cet été. (Tangi Salaün pour le service français)

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