La Bundesbank tente de limiter l'ampleur d'un QE de la BCE

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par John O'Donnell FRANCFORT, 19 janvier (Reuters) - La Bundesbank allemande poursuit ses manoeuvres pour tenter de limiter le montant des achats de dettes de la Banque centrale européenne (BCE), ce qui pourrait conduire celle-ci à ne dévoiler jeudi qu'un projet édulcoré ou à repousser la présentation de certains volets clés, a-t-on appris de sources proches des débats. Les marchés financiers s'attendent à ce que la BCE annonce jeudi son intention de racheter pour plusieurs centaines de milliards d'euros d'obligations d'Etat, une perspective qui préoccupe l'Allemagne, plus que réticente à l'idée de devoir assumer sa part d'éventuelles pertes. Le projet définitif n'est pas encore arrêté et la Bundesbank continue de travailler à des garde-fous, parmi lesquels pourrait figurer l'obligation de faire porter une part importante du risque lié aux achats d'obligations par les banques centrales nationales et non par la BCE. Le montant total du nouveau programme dit d'"assouplissement quantitatif" (quantitative easing, QE) et l'éventualité d'un report de sa mise en oeuvre figurent aussi parmi les points en discussion. "Sur quoi exactement cela portera, et à quelle dose: voilà les vrais sujets du moment", a dit une source proche de la réflexion de la Buba. "Cela pourrait se terminer par l'adoption d'une décision dont les modalités suivraient ultérieurement." Si la Bundesbank pèse lourd au sein de la BCE, l'Allemagne étant la première économie de la zone euro, elle n'a que peu d'alliés au sein du Conseil des gouverneurs. Les six membres du directoire de la BCE se réunissent mardi pour préparer les recommandations qui seront soumises mercredi et jeudi à l'ensemble du Conseil des gouverneurs. L'ANNONCE JEUDI, LES DÉTAILS PLUS TARD ? S'il repoussait la présentation des modalités du nouveau programme, le président de l'institution, Mario Draghi, éviterait sans doute - au moins pour un temps - un affrontement direct avec son homologue de la Buba, Jens Weidmann, et les alliés de ce dernier, mais au risque de décevoir fortement les marchés. La BCE a refusé de commenter ces informations. La Buba souhaite que les risques liés aux achats d'obligations souveraines de la BCE soient assumés par les banques centrales nationales, une idée perçue par certains critiques comme le début de la désintégration de l'union monétaire mais qui pourrait bien figurer dans le dispositif au final, ont dit des sources à Reuters. La banque centrale allemande veut aussi que le montant consacré par la BCE à ces achats soit plafonné. "La position de la Bundesbank n'a pas changé", a dit une autre source proche du dossier. "Cela ne serait rien d'autre que des eurobonds détournées", a-t-elle ajouté en référence à d'éventuelles émissions de dettes communes à l'ensemble de la zone euro, promues par certains dans la région mais rejetées par l'Allemagne. Jens Weidmann a clairement laissé entendre la semaine dernière que sa position critique sur le QE n'avait pas évolué. Pour Francesco Papadia, ancien directeur des opérations de marchés à la BCE, "il est probable qu'il y ait une annonce jeudi et que les modalités suivent ultérieurement". "Cela correspondrait au style de communication de Draghi", ajoute-t-il. (avec Andreas Rinke à Berlin, Marc Angrand pour le service français)

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  • M6437502 le lundi 19 jan 2015 à 17:33

    L'Allemagne est la principale bénéficiaiire de l'euro.Mais elle ne veut pas payer pour la politique laxiste de bien des chefs d'Etat européens ou des actions syndicales qui bloquent l'économie de certains états pour conserver les avantages acquis. sur le dos des autres nationaux et de l'Europe.Comme la France avec la CGT.

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