La Bundesbank prend la défense du billet de 500 euros

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    LONDRES, 3 mars (Reuters) - La Bundesbank allemande a pris 
jeudi la défense du billet de 500 euros, rejetant les arguments 
selon lesquels il facilite le financement du terrorisme 
international et jugeant que son retrait de la circulation 
reviendrait à retirer un peu de "liberté" aux citoyens.  
    La Banque centrale européenne (BCE) a déclaré le mois 
dernier envisager l'abandon du billet de 500 euros en expliquant 
que sa valeur faciale, l'une des plus élevées au monde, 
permettait aux criminels de transporter facilement des montants 
importants.  
    "J'ai des doutes sur le fait que des terroristes ou d'autres 
criminels pourraient être empêchés de commettre des actes 
illégaux en plafonnant l'argent liquide ou en supprimant les 
dénominations les plus élevées", a déclaré Carl-Ludwig Thiele, 
membre du directoire de la banque centrale allemande, lors d'une 
conférence organisée par la London School of Economics.  
    "Il faut aussi se poser la question des idées sur lesquelles 
s'appuient ce genre de propositions: les citoyens ne doivent pas 
faire l'objet d'une suspicion permanente", a-t-il ajouté.  
    "Si on commence à remettre en cause ce genre de règles 
fondamentales, il faut prendre garde aux risques et aux 
conséquences, et garder à l'esprit le fait que la liberté meurt 
toujours à petit feu." 
    L'hypothèse d'une disparition du billet de 500 euros, dont 
la valeur faciale est plus de cinq fois supérieure à celle de la 
plus haute dénomination des billets américains, le billet de 100 
dollars, suscite le mécontentement en Allemagne, où les 
consommateurs restent très attachés aux paiements en liquide.  
    La première économie d'Europe disposait, avant le passage à 
l'euro, d'un billet de 1.000 deutschemarks.  
    Le président de la BCE, Mario Draghi, a déclaré mi-février 
que l'institution étudiait la possibilité de supprimer le billet 
de 500 euros en expliquant qu'il était "de plus en plus perçu 
comme un outil pour des activités illégales".   
    Certains observateurs soupçonnent derrière cette démarche 
une volonté de la BCE de décourager les épargnants de conserver 
des sommes importantes en liquide au moment où sa politique 
monétaire peine à relancer le crédit et la consommation.  
 
 (Marc Jones et Karin Strohecker; Marc Angrand pour le service 
français, édité par Juliette Rouillon) 
 
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