La BRI s'interroge sur la valorisation des actifs

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(NEWSManagers.com) - Les banques centrales ont réaffirmé leur ascendant sur les marchés financiers au cours des derniers mois, après deux trimestres ponctués par des épisodes de forte volatilité. Les marchés se sont révélés très résilients face à plusieurs événements politiques potentiellement déstabilisants. Néanmoins, il était toujours permis de se demander si la configuration des prix des actifs reflétait correctement les risques sous-jacents, s'interroge la Banque des règlements internationaux 'BRI) dans son dernier rapport trimestriel. " La récente embellie a reçu un accueil très mitigé – c'est plus le bâton que la carotte, plus une pression qu'une traction, plus de frustration que de joie. C'est la réponse à cette lancinante question : les marchés reflètent-ils vraiment les risques à venir ? Des doutes quant aux valorisations semblent s'être insinués ces derniers jours. Seul le temps dira ce qu'il en est" , a ainsi remarqué Claudio Borio, chef du département monétaire et économique de la BRI, le 16 septembre lors d'une présentation à la presse.

Grâce à une croissance mondiale dont le raffermissement, quoique modéré, paraît durable et à une politique monétaire favorable, les investisseurs ont apparemment retrouvé leur appétit pour le risque pendant la période examinée. Cela s'est traduit par une atténuation de la volatilité sur les marchés financiers, une hausse des prix des produits de base, un rétrécissement des écarts de rendement sur les obligations d'entreprises, un redressement des marchés boursiers et une reprise des flux de portefeuille vers les économies de marché émergentes (EME).

Dans le même temps, les rendements sur les principaux marchés de titres à revenu fixe ont inscrit de nouveaux creux, tandis que le stock de dette publique s'échangeant à des rendements négatifs augmentait encore, dépassant brièvement les 10 000 milliards de dollars en juillet. Durant l'été, les rendements négatifs se sont propagés au segment des obligations d'entreprises de première qualité, en particulier dans la zone euro. La discordance apparente entre, d'une part, des rendements obligataires battant des records à la baisse et, d'autre part, des cours d'actions en forte hausse et une volatilité modérée a semé le doute sur la fiabilité de ces valorisations. Autre ombre au tableau, les cours des actions bancaires étaient déprimés et des signes de tension sont apparus sur les marchés du financement bancaire.

" L'évolution au cours du trimestre examiné montre, une fois encore, à quel point les marchés sont dépendants des banques centrales. Leur sensibilité aux moindres faits et gestes des banques centrales s'est clairement manifestée une fois de plus vendredi dernier, lorsque les marchés ont plongé et les rendements obligataires sont repartis à la hausse, suite à des déclarations nuançant les perspectives relatives à la future trajectoire de la politique monétaire dans certaines juridictions clés. Il est de plus en plus évident que les banques centrales ont été trop sollicitées pendant trop longtemps. Comme l'explique en détail le dernier Rapport annuel BRI, une combinaison plus équilibrée de politiques publiques est essentielle pour mettre l'économie sur la voie d'une expansion plus robuste, équilibrée et viable" , a conclu Claudio Borio.

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