La BRI ne veut pas un retrait immédiat des soutiens

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par Eva Kuehnen

BALE (Reuters) - Les marchés ont réagi de manière exagérée à l'intention affichée par la Réserve fédérale américaine de réduire ses achats de titres sur les marchés, mais la volatilité est inévitable et ne doit pas dissuader les autres banques centrales de faire de même lorsque le moment sera venu, a déclaré le directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI).

La publication ce week-end du rapport annuel de la BRI, souvent surnommée la "banque centrale des banques centrales", a alimenté la volatilité sur les marchés, la BRI y expliquant que le retrait des politiques d'assouplissement quantitatif des banques centrales risquait de devenir de plus en plus difficile avec le temps.

Le Financial Times, dans un éditorial, a reproché à l'institution d'être "profondément et dangereusement dans l'erreur".

Le directeur général de la BRI, Jaime Caruana, a déclaré à Reuters dans un entretien qu'il n'exigeait pas des banques centrales qu'elles adoptent des mesures immédiates et que chacune d'elles devait déterminer le bon moment pour amorcer le retrait de ses mesures de soutien.

"Je n'irai pas jusqu'à affirmer que le bon moment est venu", a-t-il ajouté. "Il appartient à chaque banque centrale d'en décider elle-même, et le bon moment peut être différent pour chaque banque centrale."

Les banques doivent cependant se préparer à traverser une zone de turbulences en évaluant correctement leur capacité de résistance aux risques de taux d'intérêt, à la volatilité et à la baisse des prix des actifs, a-t-il ajouté.

"LE MARCHÉ A SUR-RÉAGI"

"Si elles se préparent, alors, quand le moment sera venu, le processus de normalisation sera plus apaisé et plus facile", a assuré Jaime Caruana.

Les marchés s'attendent à voir la Fed entamer d'ici la fin de l'année la diminution progressive de ses achats de titres, actuellement fixés à 85 milliards de dollars par mois. La Banque centrale européenne, elle, assure que la sortie de sa politique accommodante est "lointaine", comme l'a encore souligné ce mercredi à Paris son président Mario Draghi.

"Ce n'est pas une bonne idée de retarder la transition simplement de peur que les marchés deviennent volatils", a déclaré Jaime Caruana, ajoutant qu'attendre ne garantissait pas une amélioration de la situation et que les niveaux d'endettement pourraient augmenter dans l'intervalle.

Il a souligné l'importance d'une communication claire et continue de la part des responsables de la politique monétaire, afin de limiter les risques de perturbations sur les marchés.

"Pour parler franchement, je crois que la communication de Bernanke (après le dernier FOMC) a été très bien menée. Il a vraiment essayé de faire comprendre les projets de la Fed et je crois que c'est la bonne approche."

"J'ai été un peu surpris par la volatilité. A titre personnel, je crois que le marché a sur-réagi", a-t-il dit.

Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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