La Bourse trop mal aimée

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(lerevenu.com) - L'actionnaire individuel, une espèce en voie de disparition ? C'est la conclusion immédiate que l'on pourrait tirer d'une lecture rapide des résultats de l'enquête La Poste-Les Échos, parue dans l'édition du 8 janvier du quotidien. En France, la Bourse a perdu 2,4 millions d'investisseurs depuis décembre 2008, quand les actionnaires représentaient, à cette date, 13,8% de la population française. 

Les causes de cette désaffection sont multiples, expliquent Les Échos, en commentant cette enquête : de la difficulté à épargner, puisqu'en novembre dernier, 50% déclaraient l'avoir fait (56% en avril 2012), les six derniers mois, à la perception de l'action comme un placement particulièrement risqué par neuf sondés sur dix, sans oublier les préférences connues pour le Livret A et de l'assurance vie. Mais, ces deux placements auraient-ils autant de succès s'ils ne bénéficiaient pas d'une carotte fiscale appétissante ? 

En effet, à l'inverse des livrets défiscalisés et de l'assurance vie, comme le rappellent aussi Les Échos en citant des chiffres de l'Amafi (Association des marchés financiers), la France affiche désormais le taux global d'imposition des plus-values sur actions le plus élevé d'Europe (40,2 à 58,2%), loin devant la Suède (30%), le Royaume-Uni (28%), l'Allemagne (26,4%) ou l'Italie (12,5%). Le législateur français ne paraît donc pas disposé à favoriser l'accumulation d'épargne longue et en particulier l'achat d'actions d'entreprises cotées. 

Néanmoins, le même baromètre constate que 5% des épargnants se disent prêts à acheter des actions, au vu du niveau actuel de la Bourse, alors qu'ils étaient 52% à vouloir le faire, à l'automne 2009, rappelle le quotidien. Il est vrai que, depuis cette date, l'indice CAC 40 n'a gagné que 3%. On comprend le manque d'enthousiasme des épargnants pour les actions. Mais plutôt que de se lamenter sur cet état de fait, ne faut-il pas y voir, au contraire, un puissant signal d'achat, comme l'enseignent les partisans de l'investissement à contre-courant ? Après une belle progression de l'indice-phrare de la Bourse de Paris (+15,2%), l'an dernier, rien n'interdit, en effet, de penser que tous ceux qui délaisseront les actions en 2013, auront tort, cette année encore.   

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