La Bourse de Tokyo plonge et entraîne les marchés européens

le , mis à jour à 10:31
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Le Japon a terminé la séance dans le rouge.
Le Japon a terminé la séance dans le rouge.

La Bourse de Tokyo a perdu 3,61% jeudi 28 avril, pénalisée par une réunion décevante de la Bank of Japan (BoJ), qui a laissé ses taux directeurs inchangés sans montrer de volonté de relance monétaire supplémentaire.

Malgré une première moitié de séance en hausse (+1,5%), le marché japonais s’est retourné en nette baisse après la traditionnelle pause de mi-séance du marché japonais. L’indice Nikkei 225 a ainsi terminé en baisse de 3,61% à 16.666 points.

En cause : l’absence de volontarisme de la BoJ pour en faire « toujours plus » pour tenter de relancer l’économie du pays, en récession de -1,5% sur les 12 derniers mois d’après les derniers chiffres officiels publiés en mars. La BoJ a en effet laissé ses taux directeurs inchangés.

La Banque centrale du Japon avait pourtant montré sa volonté, en début d’année, d’explorer de nouvelles pistes de relance monétaire, en abaissant son principal taux directeur en territoire négatif (-0,10%). Le consensus des analystes ne tablait pas sur un nouvel abaissement des taux directeurs ce mois-ci, mais l'espoir d'une éventuelle accélération du plan de relance monétaire subsistait dans l'esprit de certains investisseurs, finalement déçus.

Comme la BCE, la BoJ applique depuis quelques années un plan de « quantitative easing » (rachats d’actifs sur les marchés) qui vise, lui aussi, à relancer indirectement l’économie du pays, sans toutefois que les résultats de ces mesures exceptionnelles se fassent véritablement sentir sur la croissance japonaise et sur l’inflation, cette dernière restant proche de 0% depuis l’été 2015.

Les investisseurs attendaient surtout des annonces de la BoJ visant à contrer l’appréciation du yen japonais face au dollar depuis le début du mois de février 2016. Le yen s'est en effet apprécié d'environ 10% entre le 1er février et le 1er avril 2016 face à la monnaie américaine. L’absence d’annonces concrètes de la part de la BoJ pour inverser ce mouvement a ainsi provoqué une nouvelle appréciation du yen, qui gagnait encore 2,89% face au dollar jeudi, à 108 yens pour 1 dollar.

L’appréciation du yen, malgré certains avantages, est considérée comme pénalisante pour la compétitivité des produits japonais à l’international et impacte les multinationales japonaises pour qui les profits réalisés à l’étranger en dollars ou en euros représenteront des sommes plus faibles une fois que celles-ci seront converties en yens (effet de change négatif).

La chute de la bourse de Tokyo s'est partiellement transmise aux marchés européens, qui ont ouvert dans le rouge en creusant leurs pertes par la suite. À 10h25, le CAC40 perdait 1,37% à 4.496 points et le Dax 30 allemand perdait 1,11% à 10.185 points.

Les marchés européens n'ont donc pas eu le temps de fêter le communiqué "accommodant" publié par la Fed hier à 20h, ayant fait progresser Wall Street de 0,30% malgré quelques minutes d'hésitation au moment-même de la publication. Contrairement aux craintes de certains investisseurs, la Fed n'a en effet pas significativement durci son ton malgré la remontée de l'inflation américaine, au point que certains analystes envisagent désormais que la Réserve Fédérale n'augmente pas ses taux directeurs cette année.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • M4358281 il y a 7 mois

    Bof ..-0,30 %

  • 84188637 il y a 7 mois

    normal il fallait trouver un pretexte utile pour faire baisser le cac pour un retour a - 10% depuis le 1er janvier , ils ont essayer avec le scandale " panama paper " echec ! ensuite le " brexit " , echec également , donc ont repart sur l'Asie , on va bien trouver quelques choses là bas pour faire baisser les indices mondiaux et faire des bonnes affaires

  • heimdal il y a 7 mois

    Les relances monétaires ne peuvent être que des rustines en attendant le retour de la croissance .A la longue ça ne fait qu'aggraver les inégalités ,le chômage et la volatilité des marchés .Le "toujours plus" sans croissance n'est qu'une bulle spéculative .

  • gedovius il y a 7 mois

    Alors ça y est ! On repart pour des baisses exagérées sans vraies raisons autres que de faire un bon coup !

  • vnetter il y a 7 mois

    ce goût pour le dopage monétaire est comme celui pour la drogue