La Bourse de Paris repart de l'avant

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(lerevenu.com) - Les investisseurs n'ont que faire de la rechute du PIB du troisième trimestre en baisse de -0,1%, bien plus sensibles au discours à venir de la future femme forte de la Fed, Janet Yellen, dont les passages les plus marquants ont été révélés.

A l'image de la forte hausse des marchés asiatiques ce matin, le CAC40 progresse ainsi de 1%, de nouveau tout proche du seuil symbolique des 4.300 points si difficile à franchir. Les propos de Janet Yellen, au cours du discours qu'elle doit prononcer dans l'après-midi lors d'une audition au Sénat américain seront favorables à une politique accommodante de la Fed, car elle pense qu'elle constitue le meilleur moyen pour soutenir l'économie des Etats-Unis... Exactement le genre de discours que les financiers rêvaient d'entendre!

WALL STREET

Wall Street termine au plus haut historique, spéculant toujours sur la prochaine réduction du programme de rachat d'actifs de la Fed. A la veille de la très attendue première audition de Janet Yellen devant la commission bancaire du Sénat américaine, les opérateurs seront attentifs aux propos de l'actuel président de la Fed, Ben Bernanke, en soirée à Washington. Sur le front des entreprises, Cisco a dévoilé ses résultats après la clôture, en décevant sur ses perspectives. MBIA ou Macy's ont également publié leurs résultats. Le DJIA progresse finalement de 0,45% à 15.821 pts, au sommet, tandis que le Nasdaq prend 1,17% à 3.966 pts. Le S&P500 avance de son coté de 0,81% à 1.782 pts, au plus haut historique.

ECO ET DEVISES

En Europe, beaucoup d'indicateurs ce matin avec le PIB français du 3ème trimestre dans sa première lecture, qui a déçu à -0,1%, alors que celui de l'Allemagne est conforme aux attentes à +0,3%. Les prix à la consommation se sont contractés en France de -0,1% entre septembre et octobre, comme prévu, portant leur glissement annuel à +0,6%. En données IPCH, la baisse mensuelle est identique mais l'évolution sur un an un peu différente à +0,7%. "La diminution des prix à la consommation observée en octobre 2013 résulte pour l'essentiel du repli des prix de l'énergie, en particulier des produits pétroliers, et dans une moindre mesure de celui, plus modéré, des prix des produits alimentaires. À l'inverse, les prix des services sont en très légère hausse en octobre 2013 tandis que ceux des produits manufacturés sont globalement stables", commente l'Insee.

L'emploi dans les secteurs marchands non-agricoles a encore baissé en France au 3ème trimestre, avec 17.000 postes en moins (-0,1%), selon l'estimation "flash" fournie ce matin par l'Insee. Au second trimestre, l'emploi avait perdu 34.600 postes. L'industrie et la construction, avec respectivement -0,5% et -0,4%, sont très touchées. L'emploi du secteur tertiaire dans son ensemble est stable. Hors intérim, l'emploi marchand diminue de -21.800 postes sur la période.

Les Etats-Unis ne seront pas en reste et attendant la balance commerciale de septembre (14h30 : consensus -39 milliards de dollars), les inscriptions hebdomadaires au chômage (14h30 : consensus 330.000 demandes nouvelles et 2,87 millions de demandes continues) et la productivité et les coûts du 3ème trimestre (14h30 : consensus +2,2% et -0,1% respectivement).

La parité euro / dollar atteint 1,3467 ce matin. Le baril de Brent se négocie 107,30$ et le WTI 93,92$ pour l'échéance de décembre. L'once d'or se traite 1.285$ (-0,3%).

VALEURS EN HAUSSE

* BNP Paribas (+2,35% à 54,15 Euros) : la banque a signé un accord avec le gouvernement belge pour le rachat de la participation de 25% du capital de l'Etat belge dans BNP Paribas Fortis pour un montant de 3,25 milliards d'euros. Cette participation résultait des opérations réalisées en 2008-2009 dans le contexte de la situation financière dégradée de Fortis Bank Belgium (devenue BNP Paribas Fortis). A l'issue de ces opérations, l'Etat belge via la SFPI détenait 25% de ses actions, les 75% restants étant détenus par BNP Paribas. Après le succès de la cession du portefeuille de crédits structurés de Royal Park Investment au mois de mai de cette année, cette opération marque une nouvelle étape de la récupération des investissements de l'Etat belge réalisés dans Fortis Bank Belgium. L'Etat belge réalisera un gain en capital d'environ 900 millions d'euros à la clôture de la transaction. L'impact négatif de l'opération sur le ratio "Common Equity Tier 1 Bâle 3" pour le Groupe BNP Paribas est estimé à environ 50 points de base et l'opération est relutive d'environ 3% sur le BNPA estimé 2013 pro forma.

* Bouygues (+6,90% à 29,69 Euros) : au troisième trimestre 2013, le chiffre d'affaires du groupe atteint 9 milliards d'euros, stable par rapport à l'année dernière. Le résultat opérationnel courant ressort à 542 millions d'euros, en hausse de 13%, et le bénéfice net à 360 millions d'euros (+25%). Bouygues confirme que l'évolution de son chiffre d'affaires consolidé pour l'exercice 2013 pourrait se situer entre -1% et stable par rapport à 2012. Dans la continuité des deuxième et troisième trimestres, le groupe estime que la profitabilité devrait poursuivre son amélioration au quatrième trimestre 2013.

* Air France-KLM (+1,10% à 7,20 Euros) : la société aurait voté hier soir contre le plan industriel révisé d'Alitalia, selon des sources proches du dossier citées ce matin par 'lefigaro.fr' à l'issue d'un conseil d'administration de la compagnie italienne... Ce plan révisé prévoit notamment de réduire la flotte moyen-courrier et d'augmenter le nombre de vols internationaux d'Alitalia, selon ces sources. La suppression de 2.000 emplois supplémentaires (sur 14.000) serait aussi sur la table. La compagnie aérienne italienne n'aurait ainsi pas renoncé à convaincre Air France-KLM, son premier actionnaire avec 25% du capital, de participer à son augmentation de capital de 300 millions d'euros. Dans l'espoir d'un retournement de situation en sa faveur, Alitalia a annoncé hier le report de 7 à 10 jours de la date-limite pour souscrire à l'augmentation de capital (fixée initialement au 15 novembre).

* Sodexo (+1,45% à 73,37 Euros) : le groupe a bouclé son exercice 2012/2013 clos le 31 août dernier sur un chiffre d'affaires de 18,397 milliards d'euros, en hausse de 0,9% en données publiées, et de 1,5% hors change, dont une croissance interne de 1,1%. Le résultat opérationnel avant exceptionnels ressort à 953 millions d'euros (-0,5% en publié mais +1,7% hors change), soit une marge de 5,2%. Le consensus fourni par un analyste laisse entrevoir un chiffre d'affaires de 18,49 milliards d'euros et un résultat opérationnel courant de 949 millions d'euros, soit une marge de 5,13%. Le management avait indiqué tabler sur un résultat opérationnel courant proche de celui de l'exercice précédent, ce qui est le cas, et sur une croissance interne de 1,1 à 2%, ce qui s'est aussi réalisé, quoiqu'en bas de fourchette. Le directeur général Michel Landel évoque de "bonnes performances", et vise pour le nouvel exercice une accélération de la croissance, avec pour objectif une progression interne de 2,5 à 3%, et une hausse du résultat opérationnel d'environ 11%, soit une marge opérationnelle de 5,6%, en hausse de 0,4%. Sodexo pense renouer avec une marge de 6% lors de l'exercice 2014-2015.

VALEURS EN BAISSE

* EADS (-0,02% à 51,75 Euros) : en première lecture, les résultats trimestriels apparaissent mitigés. Certes, ils sont en forte progression, mais le groupe a, comme le redoutaient certains analystes, revu en baisse ses ambitions concernant le flux de trésorerie libre, qui sera négatif de -1,5 milliard d'euros sur l'année, au lieu d'être équilibré. En outre, Airbus a prévenu que tout retard potentiel dans le développement du programme A350 XWB, exempt depuis plusieurs trimestres de soucis visibles, pourrait peser lourd sur les comptes. Le groupe a dégagé un chiffre d'affaires de 13,634 milliards d'euros au cours du 3ème trimestre 2013, en croissance de 11% en glissement annuel. Le résultat opérationnel (EBIT) de la période, à 663 millions d'euros, s'est accru de 26%. Le bénéfice net est en hausse de 45% à 436 millions d'euros. Sur neuf mois, les revenus se montent à 40 milliards d'euros, tandis que l'EBIT avant éléments non récurrents, à 2,3 milliards d'euros, est en hausse de 22%. Quant au bénéfice net, il est en progression de 36% à 1,2 milliard d'euros. Les prises de commandes ont plus que doublé, permettant au carnet de se chiffrer à 642,5 milliards d'euros, tandis que la position de trésorerie nette s'établissait au 30 septembre à 5,2 milliards d'euros. Pour fonder les perspectives de l'entreprise en 2013, EADS table sur des taux de croissance de l'économie mondiale et du trafic aérien international conformes aux prévisions indépendantes qui prévalent et sur l'absence de perturbation majeure. Sur la base des résultats des neuf premiers mois, EADS a modifié plusieurs éléments de ses prévisions pour l'exercice. Ainsi, l'industriel pense dépasser le cap des 1.200 commandes brutes d'avions commerciaux, pour 620 livraisons. En raison de la baisse des livraisons d'A380 et sur la base d'un taux de change de 1 euro pour 1,35 dollar, le chiffre d'affaires devrait enregistrer une croissance "modérée" cette année, tandis que l'EBIT avant éléments non récurrents est attendu à 3,5 milliards d'euros et le bénéfice ajuté par action à 2,50 euros, avant le rachat d'actions. EADS insiste beaucoup, dans son communiqué, sur l'existence d'un risque de provisions en cas de changement de calendrier sur l'A350 XWB, dont le programme s'est jusque-là bien déroulé. En outre, le flux de trésorerie disponible après financements-clients et avant acquisitions devrait désormais être négatif et s'établir à environ -1,5 milliard d'euros sur l'année, ce qui reflète l'investissement du groupe pour les montées en puissance de production et le développement des programmes, ainsi que les récentes contraintes budgétaires gouvernementales.

* Kering (-0,05% à 163,15 Euros) : la vente de La Redoute va avoir un coût important pour le groupe, car le conseil d'administration s'est engagé sur des financements dans le cadre de la cession. Ces éléments auront un "impact significatif" sur le résultat net des activités abandonnées, qui sera dès lors fortement négatif au 31 décembre 2013. En outre, les charges exceptionnelles principalement sans effet sur la trésorerie annoncées par Puma le 8 novembre 2013 seront aussi de nature à affecter le résultat net part du groupe, qui sera par conséquent "en très net recul par rapport à 2012". Le groupe souligne que ces éléments sont non courants et réitère sa confiance quant à la solidité de ses performances opérationnelles sur l'ensemble de l'année 2013, et quant à son niveau de résultat net récurrent.

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