La Bourse de Paris repart à la baisse

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L. Grassin
L. Grassin

(lerevenu.com) - Après une ouverture hésitante, le CAC 40 est passé dans le rouge. Hier, Wall Street a cédé du terrain sur fond de regain de tension au Proche-Orient, d'inquiétude sur la reprise économique.

L'activité manufacturière de l'Etat de New-York est ainsi ressortie en dessous des attentes du consensus : à -5,22 contre -6,16 en octobre et -6,70 attendu. Les inscriptions au chômage hebdomadaires ont quant à elle affiché une forte progression lors de la semaine du 10 novembre, à 439 000 contre 361 000 la semaine précédente et 375 000 attendues. Avant l'ouverture à Paris, Lafarge annonce un plan de cession d'actifs au Royaume-Uni. Le titre a ouvert dans le rouge avant de repasser légèrement en territoire positif.

WALL STREET

Wall Street a fini dans le rouge jeudi, après des chiffres hebdomadaires particulièrement mauvais de l'emploi américain et des comptes sans relief de Wal-Mart. Texas Instruments a annoncé de son côté des restructurations passant par 1.700 suppressions de postes, ainsi qu'un recentrage en dehors des métiers "mobiles" (tablettes et smartphones). Les indices manufacturiers des antennes de la Fed à New York et Philadelphie sont quant à eux ressortis en contraction en novembre... Le DJIA a terminé en baisse de 0,23% à 12.542 pts, le Nasdaq a perdu 0,35% à 2.836 pts, et le S&P500 a reculé de 0,16% à 1.353 pts.

ECO ET DEVISES

En Europe, place aux chiffres de la balance commerciale de septembre en zone euro (11h00 : consensus +10 milliards d'euros). Aux Etats-Unis, les investisseurs prendront connaissance à 15h15 des chiffres de la production industrielle & utilisation des capacités d'octobre (consensus +0,2% & 78,3%).

Sur le marché des changes, il faut 1,2771 dollar pour 1 euro. Le baril de Brent se négocie 108,10$ et son homologue WTI à 85,48$ (échéance décembre). L'once d'or s'affiche à 1.712$ (-0,22%).

VALEURS EN HAUSSE

* Alcatel-Lucent (+0,80% à 0,84 Euro) : le groupe pourrait céder des brevets secondaires au sein de son portefeuille pléthorique de propriété intellectuelle, a souligné hier Paul Tufano, le directeur financier de l'équipementier, de passage à une conférence organisée par Morgan Stanley à Barcelone. "Nous pouvons monétiser notre portefeuille par des licences, ou par des ventes ciblées si ces brevets ne font pas partie de notre coeur d'activité, ainsi que la cession plusieurs autres petites choses", a-t-il indiqué à Bloomberg. Le dirigeant a expliqué que tous les scenarios précités sont sur la table actuellement, alors que son groupe possède près de 30.000 brevets et environ 15.000 demandes en cours. "Une entreprise avec une palette de brevets aussi large que la notre est rare, aussi je crois que ce portefeuille est très intéressant et qu'il suscite ou devrait susciter beaucoup d'intérêt d'acteurs très d'origines très différentes", a souligné Tufano. Alcatel-Lucent a nommé tout récemment un ancien de Nokia, Craig Thompson, pour diriger la nouvelle unité commerciale qui gère les portefeuilles d'actifs de propriété intellectuelle du groupe dans le but de les monétiser. La nouvelle unité sera un élément de l'initiative stratégique visant à générer 1,25 milliard d'euros d'économies de coûts d'ici la fin 2013.

* Peugeot (+0,90% à 4,48 Euros) : les immatriculations de véhicules neufs ont reculé de -4,8% en Europe en octobre, selon les données récoltées par l'ACEA, soit 959.412 véhicules écoulés. Le rythme de repli a un peu baissé, et constitue le plus faible depuis le mois de juin. Sur 10 mois, les immatriculations se contractent de -7,3% à 10.327.276 unités. Le Royaume-Uni (+12,1%) et l'Allemagne (+0,5%) ont compensé les reculs constatés ailleurs, notamment en France (-7,8%), en Italie (-12,4%) et en Espagne (-21,7%). Dans l'Union Européenne, les ventes de Peugeot SA ont reculé de -5,1% en octobre, soit à peine plus que le marché, pour atteindre 118.143 unités, ou 12,3% de parts de marché. Sur 10 mois, elles baissent de -12,3% à 1.238.680 véhicules, ou 12% de parts de marché. Pour Renault, la baisse est rude avec -21,6% en octobre, soit 84.783 véhicules écoulés. La part de marché du constructeur recule de 10,7 à 8,8%. Dans le détail, Dacia a reculé de -6,8% et Renault de -25,5%. Sur 10 mois, le groupe a vu ses immatriculations baisser de -18,2% à 874.927 véhicules, pour une part de marché de 8,5% contre 9,6% un an avant.

* Havas (+0,15% à 3,85 Euros) : c'est un camouflet pour Vincent Bolloré... Le Tribunal correctionnel de Nanterre a annulé hier toute la procédure que l'actionnaire principal de Havas avait entamée contre Alain de Pouzilhac, l'ancien PDG, et Jacques Herail, l'ancien directeur financier du groupe publicitaire. M. Bolloré avait porté plainte pour "abus de biens sociaux" en 2007 contre Alain de Pouzilhac et Jacques Herail, mais le tribunal de Nanterre a donc annulé hier toute l'enquête préliminaire menée par l'ex-Procureur Philippe Courroye, estimant qu'elle n'avait pas respecté le principe d'impartialité et les droits de la défense. Pendant l'audience, les avocats de la défense, Me Olivier Metzner et Me Olivier Bluche, ont dénoncé la proximité entre Vincent Bolloré et Philippe Courroye, ancien procureur de Nanterre, une relation qui rendait la procédure partiale selon eux. Ils ont donc été entendus par la juge Fabienne Siredey-Garnier, qui a prononcé "la nullité de l'intégralité de la procédure" d'enquête préliminaire. Cette enquête avait duré près de quatre ans sans qu'aucune instruction judiciaire ne soit enclenchée. De ce fait, les deux anciens dirigeants d'Havas n'avaient jamais pu consulter le dossier et bénéficier d'une procédure contradictoire...

* Lafarge (+0,10% à 45,66 Euros) : Lafarge et Anglo American plc ont conclu un accord pour la vente d'un portefeuille d'activités dans le secteur des matériaux de construction au Royaume-Uni d'une valeur totale de 285 millions de livres à Mittal Investments, le véhicule privé d'investissement de la famille Lakshmi N. Mittal. Dans le détail, Mittal Investments va débourser 272 millions de livres, dont 30 millions de livres soumis à des conditions de performance des actifs cédés sur les trois prochaines années.

VALEURS EN BAISSE

* STMicroelectronics (-1,70% à 4,26 Euros) : le groupe aurait renoncé à scinder en deux ses activités après l'émergence de désaccords entre dirigeants français et italiens sur la stratégie à adopter. C'est en tout cas ce que Bloomberg avançait sur la foi du témoignage de sources proches du dossier. Faux, a répliqué hier soir l'entreprise franco-italienne basée à Genève, qui a réitéré son ferme démenti de l'existence d'un projet pouvant compromettre l'intégrité de la société, et souligné qu'un tel projet n'a jamais été présenté au conseil de surveillance. Face aux rumeurs récurrentes de scissions, la société avait déjà dégainé un démenti du même ordre le 12 octobre dernier. Bloomberg laissait hier entendre que le projet de séparer les activités numériques et analogiques n'avait pas fait l'unanimité au sein du conseil, qui préférerait passer par des cessions d'actifs de taille plus modeste pour rééquilibrer l'édifice. Plus précisément, Didier Lombard (président) et Didier Lamouche (en charge des opérations) auraient échoué à convaincre le directeur général Carlo Bozotti. Les deux premiers étant français et l'autre italien, la composition des camps semblait toute trouvée. Il se murmure également que Philippe Lambinet, le directeur de la stratégie parti en juin dernier, était un fervent supporter de la scission. Les dissensions managériales auraient en plus échaudé les gouvernements italien et français, qui détiennent conjointement 27,5% des parts, selon les informations de Bloomberg. Pour ST donc, l'idée d'une scission n'aurait pas fait son chemin, même si la formulation de son démenti est suffisamment souple pour laisser penser que ce scenario a pu être discuté. Certains analystes avaient donné du crédit à la rumeur, d'un point de vue stratégique, mais avaient aussi mis en avant la complexité de la mise en oeuvre d'une séparation des activités, tant au niveau opérationnel qu'actionnarial.

* France Telecom (-0,25% à 8,20 Euros) : les fonds d'investissement s'intéressent à Everything Everywhere, la co-entreprise créée entre France Telecom et Deutsche Telekom au Royaume-Uni dans la téléphonie mobile. C'est ce qu'a indiqué le président de l'opérateur français, Stéphane Richard, lors d'un entretien avec Bloomberg depuis le sommet Idate de Montpellier. Nous voulons conservez le contrôle de ces actifs, comme les allemands, a expliqué l'intéressé, tout en concédant que les deux partenaires pourraient se donner un peu de latitude financière en ouvrant le capital à des tiers minoritaires, ou en plaçant des titres en bourse. Mais nous n'avons encore rien décidé, tempère le dirigeant qui évoque l'intérêt de plusieurs fonds d'investissement, sans citer leurs noms. Everything Everywhere, créée en 2010, est destinée à faire baisser les coûts d'infrastructure et administratifs des deux opérateurs, tout en maintenant leurs deux marques distinctes sur le marché britannique.

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