La Bourse de Paris hésitante

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(lerevenu.com) - Le marché français a ouvert en légère baisse. L'attentisme devrait désormais prévaloir sur les marchés boursiers, alors que les investisseurs ont bien intégré la nouvelle date butoir fixé au 17 octobre.

Ce jour-là, les Etats-Unis ne pourront plus faire face à leurs dépenses si le plafond de la dette du pays, de 16.700 Mds$, n'est pas relevé, ce qui nécessite un vote... D'ici cette date, la spéculation va concerner la possible répercussion de l'impasse budgétaire du Congrès du 1er octobre sur ce nouveau vote. Les représentants vont-ils prendre le risque d'une déflagration financière que provoquerait le défaut de paiement de la première économie au monde ? Standard & Poor's a rappelé que si le Trésor américain faisait défaut, la notation des Etats-Unis passerait de AA+ à SD, soit "défaut sélectif", accolé à tout emprunteur qui ne peut plus assurer ses remboursements. A ce stade, les investisseurs anticipent un accord et un vote favorable du congrès, mais restent prudents, à l'image du CAC40 qui fait du sur-place ce matin, à 4.150 points. Les quinze jours à venir s'annoncent à risque sur les marchés !

WALL STREET

Wall Street a clôturé en retrait alors que les opérateurs craignent que la fermeture partielle des services fédéraux aux Etats-Unis ne dure plus longtemps que prévu. Barack Obama a reçu dans la soirée les quatre principaux dirigeants démocrates et républicains du Congrès à ce sujet. Le président américain devait aussi leur demander de s'entendre sur un relèvement du plafond de la dette de l'Etat fédéral. Sur le front macroéconomique, les derniers chiffres de l'emploi privé américain ont quelque peu déçu en attendant le rapport mensuel officiel sur l'emploi prévu normalement vendredi. Enfin, Monsanto a perdu du terrain après la publication de ses derniers résultats financiers trimestriels. Le DJIA abandonne finalement 0,39% à 15.133 pts, tandis que le Nasdaq rend 0,08% à 3.815 pts. Le S&P 500 recule de son côté de 0,07% à 1.699 pts.

ECO ET DEVISES

En Europe, les indices PMI seront publiées en matinée, à l'image du PMI français des services de septembre (09h50 : consensus 50,7). Les ventes de détail d'août dans la zone euro sont attendues à 11h00 (consensus +0,2% m/m).

Aux Etats-Unis, l'étude Challenger sur l'emploi de septembre (13h30) sera suivie des inscriptions hebdomadaires au chômage (14h30 : consensus 315.000 demandes nouvelles et 2,805 millions de demandes continues) et de l'ISM des services de septembre (16h00 : consensus 57).

La parité euro / dollar atteint 1,3607 ce matin. Le baril de Brent se négocie 108,91$ et le WTI 103,68$ pour l'échéance de novembre. L'once d'or se traite 1.312$ (-0,2%).

VALEURS EN HAUSSE

* Vinci (+0,13% à 43,67 Euros) : la vente de la division parkings se préciserait... La semaine dernière, le quotidien 'Les Echos' avait laissé entendre que le groupe de construction et de concessions avait engagé des conseils pour examiner la vente de cette division. Bloomberg a surenchéri hier en soulignant que Vinci avait fait parvenir des dossiers aux acquéreurs potentiels, selon deux sources bien informées. Les parkings pourraient rapporter 2 milliards d'euros, ce qui cadre avec le haut de la fourchette de 1,5 à 2 milliards d'euros évoquée la semaine dernière. Une trentaine de prétendants auraient été approchés par Barclays et BNP Paribas, en charge de la vente.

* Danone (+0,02% à 54,99 Euros) : les rapports entre Danone et Fonterra se dégradent. "Danone est résolu à être intégralement dédommagé des dommages causés par le rappel dans huit marchés", a fait savoir le groupe français dans un communiqué, après l'imbroglio dont son sous-traitant fut à l'origine durant l'été. Danone avait été forcé, en août, de rappeler des laits infantiles sur huit marchés de la région Asie-Pacifique après une procédure d'alerte à la contamination bactériologique au clostridium botulinum de lots d'ingrédients fournis par Fonterra. Vaine alerte, puisqu'aucune contamination n'avait finalement été détectée dans les produits finis, l'erreur initiale semblant avoir été causée par un "faux positif" en laboratoire. Cependant, cet épisode a grevé, lourdement, les ventes de Danone dans la région, qui avait prévenu cet été que l'activité du troisième trimestre serait en baisse dans la division en Asie. Un quotidien néozélandais avançait mardi un préjudice évalué, officieusement, à 200 millions d'euros par Danone. Fonterra, de son côté, a reconnu l'existence de discussions mais a fait savoir qu'il n'avait pas d'obligation légale ou contractuelle vis-à-vis de Danone sur le rappel de produits.

* Bonduelle (+1,20% à 18,65 Euros) : le groupe a rempli son contrat au terme de son exercice 2012/2013 clos fin juin. Avec une marge opérationnelle courante de 5,6%, la société a atteint le consensus. Les perspectives restent difficiles, comme l'anticipaient les analystes, avec un contexte de consommation difficile, de mauvaises récoltes et des coûts en hausse. Cependant, le groupe assure qu'il devrait obtenir sur son nouvel exercice 3 à 5% de croissance interne, et maintenir ses marges sur leurs niveaux historiques. L'exercice 2012/2013 s'est donc achevé sur un chiffre d'affaires de 1,89 milliard d'euros (+7,3%) et un résultat opérationnel courant de 105,6 millions d'euros (+4,7%), soit une marge de 5,6%. Le bénéfice net ressort en hausse de 11,5% à 52,1 millions d'euros, une amélioration qui s'explique notamment par la baisse de la charge de service de la dette. Le consensus de 8 analystes ressortait à 105,6 millions d'euros de résultat opérationnel courant et 51,7 millions d'euros de bénéfice net. La gérance va proposer à l'assemblée générale qui se tiendra le 5 décembre de verser un dividende de 0,375 euro par action, qui offre un rendement de 2% sur les cours actuels. Le management mise cette année, alors que la reprise de la consommation alimentaire en Europe se fait attendre, sur une croissance de 3 à 5% de son chiffre d'affaires à périmètre et taux de change constants, et une rentabilité opérationnelle courante "en ligne avec ses performances historiques" sur la même base.

VALEURS EN BAISSE

* Société Générale (-0,13% à 38,75 Euros) : la banque privée asiatique de la SocGen aurait attiré dix prétendants, selon les informations de l'agence Reuters, dont Standard Chartered et HSBC, les deux poids lourds britanniques en Asie, et DBS, le groupe de services financiers de Singapour. Crédit Suisse et un établissement américain seraient aussi au nombre des candidats, selon la même source. Reuters avait déjà lancé mi-septembre l'information selon laquelle la division, trop petite pour rivaliser avec les grands acteurs du secteur, était en vente. La banque privée asiatique de la Société Générale, basée à Singapour, pourrait rapporter environ 600 millions de dollars au groupe français, selon des sources concordantes, mais des offres significativement plus basses auraient également été formulées. L'entité gérerait 13 milliards de dollars d'actifs, ce qui en fait un petit poucet face par exemple à UBS ou Citi, dont les actifs sous gestion représentent environ 200 milliards de dollars chacun dans la région.

* GDF SUEZ (-0,63% à 18,83 Euros) : la filiale Compagnie du Vent a été condamnée par la justice à démonter 10 éoliennes de deux parcs dans le Pas-de-Calais, a indiqué l'AFP. La société a fait appel, ce qui suspend l'exécution du jugement. Les turbines sont celles des parcs de Boubers-sur-Canche et des Tambours. L'énergéticien a fait savoir que toutes les autorisations administratives avaient été obtenues en bonne et due forme en 2004, et qu'il était allé au-delà de la réglementation en matière d'éloignement des riverains. Le tribunal a entendu pour sa part les arguments du couple de plaignants en matière de nuisances auditives et visuelles.

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