La Bourse de Paris devrait rester encore quelques temps sous influence américaine (Bourse Hebdo)

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La Bourse de Paris, qui manque un peu de souffle comme ses voisines européennes, va continuer de jauger les conséquences de l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis, en attendant d'en savoir plus sur les banques centrales en décembre.

Les places financières achèvent "une semaine de digestion des événements de la semaine précédente", commente auprès de l'AFP Pascale Seivy, responsable du conseil en investissement chez Pictet en France.

Si les indices ont globalement peu évolué sur la semaine écoulée, ce n'était "pas si calme que cela d'un point de vue sectoriel", ajoute-t-elle.

"Au niveau des valeurs et des secteurs, des mouvements extrêmement violents sont apparus", abonde Bertrand Lamielle, directeur de la gestion chez B*Capital (BNP Paribas), dans un entretien à l'AFP.

Certains secteurs comme la consommation, plébiscités dans un environnement de taux bas et de croissance faible, ont brusquement été délaissés avec l'accession de Donald Trump au pouvoir.

"Les marchés continuent d'anticiper une hausse des dépenses de défense et d'infrastructure aux Etats-Unis", soulignent les économistes d'UniCredit. "Si cela devait se produire, les entreprises liées aux ressources de base devraient être parmi les plus grands bénéficiaires", ajoutent-ils.

La santé et la construction ont aussi pris le relais, les investisseurs anticipant une politique économique américaine favorable à ces secteurs. Les titres financiers ont quant à eux profité d'une remontée sensible des taux sur le marché secondaire de la dette d'Etat.

Une "grosse rotation de secteur" est à l'oeuvre à laquelle "on ne s'attendait pas", souligne M. Lamielle.

Les investisseurs ont eu par ailleurs du grain à moudre du côté des indicateurs, notamment aux Etats-Unis, avec les demandes hebdomadaires d'allocation chômage ou l'inflation.

-Attentisme avant les banques centrales -

Globalement, les chiffres "valident le fait que l'économie américaine est en bonne forme", souligne Mme Seivy, ajoutant que "cela donne un terrain extrêmement favorable à Janet Yellen (présidente de la banque centrale américaine, ndlr) pour remonter les taux".

Mme Yellen s'est exprimée devant une commission du Congrès lors de sa première intervention depuis l'élection de Donald Trump, affirmant qu'une hausse des taux pourrait intervenir "relativement rapidement", tout en signalant que l'économie américaine et le marché du travail avaient encore "une marge d'amélioration".

Son intervention n'a cependant pas fait réagir les investisseurs outre mesure, qui resteront toutefois attentifs au compte-rendu de la dernière réunion de la Fed, publié mercredi après la clôture des places européennes.

La semaine prochaine ne sera "pas forcément une grosse semaine de statistiques, on attend surtout que la rotation sectorielle se poursuive", note Mme Seivy.

Après avoir quasiment fait du surplace, la Bourse de Francfort devrait tenter de tester ses plus hauts niveaux, une bonne tenue du moral des consommateurs allemands (baromètre GfK) et de celui des entrepreneurs (baromètre Ifo) pouvant lui donner le coup de pouce nécessaire.

"Une fois l'élection digérée, on risque de voir de nouveau un certain attentisme avant les prochains événements, à commencer par le référendum italien, suivi coup sur coup des banques centrales", la Fed et la Banque centrale européenne tenant leur dernière réunion de l'année en décembre, ajoute Mme Seivy.

"La pause devrait continuer la semaine prochaine en raison de Thanksgiving et du +Black Friday+ (soldes, ndlr) américain, une séquence généralement calme aux Etats-Unis et à Wall Street, où de nombreux investisseurs seront absents", notent les stratégistes du courtier Aurel BGC.

Autre rendez-vous en fin d'année, la Cour Suprême britannique doit examiner l'appel du gouvernement contre la décision de la Haute Cour de Londres de l'obliger à consulter le Parlement avant d'entamer le divorce avec l'Union européenne et promet une décision début janvier.

Avant cette échéance, la semaine sera dominée à Londres par la présentation mercredi au Parlement du budget rectificatif par le ministre des Finances, Philip Hammond, son premier exercice budgétaire important depuis son arrivée en poste dans la foulée du vote en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

cc/fka/aro


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