La Bourse de Paris devrait encore gagner 3,8% d'ici fin 2013

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par Constance De Cambiaire et Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - L'indice CAC 40, qui a progressé de 13,5% depuis le début de l'année, devrait encore gagner quelque 3,8% d'ici à la fin décembre dans un marché où la vigueur de la reprise économique aux Etats-Unis et en Europe fait débat, selon l'enquête trimestrielle Reuters publiée mercredi.

Il ressort de ce sondage, réalisé auprès d'une trentaine d'analystes et gérants de fonds sur la semaine écoulée, que l'indice phare de la Bourse de Paris devrait finir l'année à 4.290 points, contre 4.133 points mardi à la clôture. Lors de la précédente enquête, en juin, le CAC 40 était anticipé à 4.025 points à fin décembre 2013.

Au cours du trimestre écoulé, le CAC 40 a retrouvé ses niveaux d'avant la crise et la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008 et a touché un plus haut de l'année à 4.227 points.

Selon les résultats de l'enquête Reuters, le CAC 40 devrait poursuivre sa progression au premier semestre 2014 pour atteindre 4.425 points fin juin et finir l'année prochaine à 4.550 points.

De son côté, l'indice EuroStoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro, dont 19 valeurs (38%) sont françaises, devrait atteindre 3.020 points à la fin 2013, 3.125 points à la fin du premier semestre 2014.

Eric Turjeman, un des responsables mondiaux des gestions actions chez Amundi, relève toutefois que le CAC 40 a un important retard par rapport aux grands indices boursiers, comme le S&P 500 américain, le Dax 30 de Francfort (calculé dividendes inclus) ou le MSCI World qui ont quasiment retrouvé sinon dépassé leurs plus hauts historiques.

L'indice parisien est encore loin de son sommet du 4 septembre 2000 (6.945 points).

Lors d'un point de presse mercredi, le gérant a toutefois souligné que la composition du CAC 40 était "trop volatile". Il rappelle que nombre de valeurs en sont souvent retirées lorsqu'elles sous-performent et introduites quand elles surperforment, comme par exemple Pernod Ricard intégré en 1987, retiré en 1997 et réintroduit en 2003.

"LA NORMALISATION, UN FAUX AMI"

Lors du sondage Reuters de juin, les investisseurs anticipaient un début de sortie de la politique d'assouplissement quantitatif de la Fed dès septembre. La banque centrale américaine n'a finalement pas annoncé de ralentissement de la cadence de ses rachats d'actifs (85 milliards de dollars par mois), jugeant la croissance américaine trop faible et le taux de chômage trop élevé.

Une série d'indicateurs économiques d'activité est venue corroborer l'hypothèse d'une croissance encore faible, trop faible pour permettre une réduction de l'endettement massif des Etats européens et américains.

"Le facteur le plus important sera de savoir s'il y aura ou non de la croissance économique en Europe. Cela dépendra dans une certaine mesure de la solidité de l'économie américaine", explique Paul Jackson, stratégiste actions chez Société générale.

Autre facteur qui aurait des effets négatifs sur une croissance encore vacillante : l'impasse budgétaire à Washington et la question du relèvement du plafond de la dette fédérale.

Pascal Blanqué, patron des gestions chez Amundi, voit les choses différemment. Il estime qu'on assiste à une "rupture du régime macrofinancier" d'avant 2008.

"Le thème de la normalisation (des politiques monétaires) est un faux ami. Nous n'y croyons pas", a-t-il dit lors du point de presse de mercredi, ajoutant que le retour au régime d'avant-crise est peu probable et que "les politiques "non conventionnelles des banques centrales vont devenir conventionnelles".

Les tensions déflationnistes restent fortes malgré la reprise de part et d'autre de l'Atlantique, note-t-il. Dans ce contexte, les injections massives de liquidités par les banques centrales et des taux d'intérêt toujours bas sont autant de facteurs favorables ("sweetspot") pour les actifs risqués, et plus particulièrement aujourd'hui pour les actions européennes devancées cette année par les actions américaines.

"Les Bourses sont fortement déconnectées de l'économie", a expliqué Eric Turjeman.

Avec Blaise Robinson, édité par Dominique Rodriguez

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