La Bourse de Paris devrait encore croître de 5% d'ici fin 2012

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LA BOURSE DE PARIS DEVRAIT ENCORE CROÎTRE DE 5% D'ICI FIN 2012
LA BOURSE DE PARIS DEVRAIT ENCORE CROÎTRE DE 5% D'ICI FIN 2012

par Alexandre Boksenbaum-Granier et Blandine Hénault

PARIS (Reuters) - La Bourse de Paris devrait encore croître de 5% d'ici fin 2012, portant à 17% son gain annuel, les mesures annoncées par les banques centrales pour endiguer la crise en zone euro et soutenir la croissance devant permettre à l'indice CAC 40 de renouer avec son niveau de fin juillet 2011.

Selon le sondage trimestriel mené par Reuters auprès d'une trentaine d'analystes et gérants de fonds sur la semaine écoulée, le CAC 40 devrait atteindre 3.695 points d'ici fin décembre, contre 3.513,81 points enregistrés mardi à la clôture et 3.159,81 points en fin d'année dernière.

Lors de la précédente enquête, les analystes avaient dit anticiper un CAC 40 à 3.300 points en fin d'année.

Mais c'était avant que la BCE n'annonce son intention, si nécessaire et sous conditions, d'acheter un montant illimité d'obligations souveraines sur le marché secondaire et que la Réserve fédérale des Etats-Unis accepte d'acheter pour 40 milliards de dollars (31 milliards d'euros) de dette immobilière par mois.

"Le risque systémique a disparu. Plus personne ne croit que la zone euro va éclater. On a beaucoup plus de visibilité maintenant, et même si le tableau macroéconomique n'est pas rose, nous avons au moins une meilleure idée de ce qui nous attend", commente Jean-Marie Mercadal, directeur général délégué chargé des gestions d'OFI AM.

"DES MARCHÉS BALLOTTÉS"

Les banques ont été les principales bénéficiaires en Bourse de cette situation, Crédit agricole bondissant de 92%, Société générale de 54% et BNP Paribas de 49% depuis que le président de la BCE Mario Draghi s'est engagé fin juillet à faire tout ce qui est possible pour soutenir la zone euro. Dans le même temps, le CAC 40 a progressé de 14%.

Les craintes d'explosion de la zone euro dissipées, l'évolution des marchés devrait désormais dépendre des résultats des entreprises dans des conditions économiques moroses et un environnement politique incertain avec l'élection présidentielle de novembre aux Etats-Unis, l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle équipe dirigeante en Chine dans les prochaines semaines et la situation de l'Espagne pour laquelle les investisseurs s'attendent à une demande d'aide internationale.

"Les marchés dans les prochains mois seront ballottés entre deux forces contradictoires : des résultats des entreprises toujours difficiles, dans un environnement macro qui se détériore, et des flux entrants, nous l'espérons, de la part des investisseurs qui devraient, grâce à M. Draghi, avoir moins peur de la crise de l'euro", explique Claire Chaves d'Oliveira, responsable de la gestion actions chez Groupama AM.

"Nous pensons que la dynamique de flux devrait l'emporter sur les déceptions liées aux résultats. Ainsi le dégonflement de la prime de risque observé récemment est tout à fait justifié selon nous", ajoute-t-elle.

La faiblesse des valorisations actuelles devrait d'ailleurs permettre d'attirer les investisseurs, soulignent les analystes et les gérants.

La valorisation actuelle du CAC 40 représente 10,2 fois les bénéfices attendus par les analystes pour les 12 prochains mois, contre une moyenne sur 20 ans de 15,4. Quinze valeurs sur les 40 composant l'indice phare de la place de Paris se négocient sous leur valeur comptable (Price to Book).

Avec Blaise Robinson, édité par Dominique Rodriguez

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