La Bosnie-Herzégovine a demandé son adhésion à l'UE

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 (Actualisé avec précisions) 
    par Gabriela Baczynska 
    BRUXELLES, 15 février (Reuters) - La Bosnie a officiellement 
demandé lundi à faire partie de l'Union européenne, bien que 
Bruxelles ait demandé à Sarajevo de mener une série de réformes 
avant de pouvoir attaquer l'examen de la demande. 
    La Bosnie-Herzégovine, qui regroupe la Fédération de 
Bosnie-Herzégovine essentiellement bosniaque et croate et la 
République serbe (Republika Srpska), est une ancienne république 
de l'ex-Yougoslavie. Après une guerre qui a fait 100.000 morts 
dans les années 90, le pays reste organisé sur une base 
communautaire et se trouve dans une situation économique 
difficile. 
    Le gouvernement central à Sarajevo a voulu déposer sa 
demande plusieurs fois, mais l'UE lui a à chaque fois demandé de 
se renforcer sur le plan économique, des services publics et des 
institutions politiques et judiciaires pour pouvoir passer au 
stade de candidat. 
    Bruxelles a réitéré ce message lundi matin. "C'est le début" 
d'un long voyage, a déclaré lundi le commissaire à 
l'Elargissement Johannes Hahn. "L'adhésion ne sera pas possible 
en deux mois, ni même en quelques années." 
    Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert 
Koenders, a précisé que la candidature de la Bosnie ne serait 
prise en compte qu'après "des progrès significatifs dans la mise 
en oeuvre du programme de réformes", ce qui signifie que 
Sarajevo ne se verra pas accorder pour l'instant le statut de 
candidat. 
     
    Dans sa lettre de candidature envoyée à Bruxelles, le 
président du collège présidentiel de Bosnie, Dragan ovi, dit 
être conscient des enjeux. 
    "Nous voyons que notre voisin la Croatie est déjà Etat 
membre, le Montenegro est sur la voie de l'intégration à l'EU, 
ainsi que la Serbie. La Bosnie-Herzégovine fait aussi partie de 
ce continent", a déclaré le président. "Nous sommes conscients 
que c'est notre tâche, que nous devons le faire." 
    Dans son dernier rapport sur la Bosnie en 20015, l'UE estime 
que le pays est même revenu en arrière sur un certain nombre de 
points, notamment en matière des "conditions pour l'exercice de 
la liberté d'expression" et en matière de réforme du système 
judiciaire. 
    Toutefois, la Haute Représentante de l'UE pour les affaires 
étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, a 
voulu mettre l'accent sur le côté positif de la demande de l'UE. 
    "A un moment où l'Union est remise en cause de l'intérieur, 
voir qu'avec nos voisins immédiats, il y a une telle énergie et 
une telle volonté de participer et de travailler dur pour 
adapter leurs pays, leur société, leur économie, leurs 
institutions, leurs systèmes aux normes européennes, nous donne 
le sentiment de la responsabilité que nous avons aussi envers 
notre citoyenneté dans l'Union européenne", a déclaré Federica 
Mogherini aux journalistes. 
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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