La BoJ pourrait créer la surprise sur les marchés obligataires

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    par Richard Leong et Vidya Ranganathan 
    NEW YORK/SINGAPOUR, 20 septembre (Reuters) - La Banque du 
Japon peut voler la vedette à la Réserve fédérale mercredi si 
elle choisit de changer le cap de sa politique monétaire pour 
tenter de donner un nouvel élan à l'économie nippone et si la 
banque centrale américaine opte pour le statu quo.  
    L'une des options qu'étudie la BoJ consisterait à être moins 
offensive en matière d'achats d'obligations à long terme, donc à 
laisser les rendements longs remonter, et à enfoncer un peu plus 
ses taux d'intérêt à court terme en territoire négatif. 
    Cela devrait logiquement se traduire par une hausse des 
rendements des emprunts d'Etat à long terme, aux Etats-Unis et 
ailleurs, donc marginalement par une augmentation du coût du 
crédit pour les consommateurs et les entreprises. 
    Les investisseurs japonais en quête de rendement se sont en 
effet tournés vers les obligations étrangères ces dernières 
années, les rendements japonais étant devenus négatifs. Ce 
mouvement a contribué à maintenir les rendements des principaux 
grands émetteurs à des niveaux proches des plus bas historiques. 
    "L'importance de la BoJ tient en partie au fait que les 
Japonais ont acheté à l'étranger tout ce qui était susceptible 
de leur assurer un rendement", explique David Keeble, 
responsable de la stratégie de taux de Crédit agricole CIB à New 
York. 
    La semaine dernière, le rendement à dix ans japonais 
 JP10YT=RR  est remonté tout près de zéro, un seuil sous lequel 
il évolue depuis mars, profitant des ventes massives 
d'obligations déclenchées par l'annonce le 8 septembre de la 
décision de la Banque centrale européenne (BCE) de ne pas 
augmenter ses achats d'actifs. 
    Le choix de la BCE a alimenté, chez une partie des 
investisseurs, les craintes de voir les banques centrales se 
retrouver à court de munitions pour soutenir l'économie. 
    "Le Japon illustre le sentiment général selon lequel les 
responsables des politiques monétaires n'ont plus grand-chose en 
magasin", dit Charlie Diebel, responsable taux d'Aviva Investors 
à Londres. "De ce fait, quand on aura besoin d'un soutien 
supplémentaire, la politique monétaire ne sera pas forcément le 
bon canal." 
     
    UNE CONFUSION ENTRETENUE ? 
    La BoJ doit rendre publiques mercredi les conclusions de 
l'examen approfondi de sa politique monétaire et certains 
observateurs s'attendent à ce qu'elle abaisse ses taux à court 
terme, déjà négatifs, tout en modifiant son programme d'achats 
d'obligations.   
    De son côté, la Fed, qui annoncera quelques heures plus tard 
sa propre décision, pourrait selon la majorité des économistes 
laisser son objectif de taux à court terme inchangé, entre  
0,25% et 0,50%, tout en laissant la porte ouverte à un 
relèvement d'ici la fin de l'année. 
    Il est toutefois certain que si la banque centrale 
américaine contredit le pronostic privilégié par le marché et 
choisit de relever cet objectif dès mercredi, les choix de la 
BoJ seront relégués au second plan.  
    Une telle issue, qui ne manquerait pas de perturber les 
marchés financiers, est toutefois jugée peu probable après une 
série d'indicateurs américains jugés décevants et à l'approche 
de l'élection présidentielle américaine du 8 novembre.  
    Pour la BoJ, la situation est délicate car le yen, que sa 
politique de taux négatifs et d'achats d'actifs était censée 
affaiblir, a au contraire gagné 15% face au dollar  JPY=  et 13% 
face à l'euro  EURJPY=  depuis le début de cette année.  
    Parallèlement, les courbes de rendements se sont 
"pentifiées" ces dernières semaines, un mouvement emmené par les 
rendements japonais.  
    "Sur les 15 à 20 dernières années, on a toujours pensé que 
les Japonais étaient des suiveurs. En fait, il s'avère qu'ils 
ont été plutôt leaders", dit Ashley Perrott, responsable taux 
fixes chez UBS Asset Management à Singapour. 
    "Le reste du monde a suivi le Japon dans la baisse des 
rendements. Et je crois qu'il reste leader", ajoute-t-il. 
    La capacité de la BoJ à communiquer clairement sur ses 
intentions est donc capitale et certains analystes pensent que 
la confusion perceptible avant les annonces de mercredi est 
voulue, afin de limiter l'effet de surprise pour éviter des 
perturbations trop fortes sur les marchés. 
    Au vu des positions actuelles sur les marchés de taux, les 
traders estiment à 17% la probabilité que la BoJ abaisse son 
objectif de taux à -0,3% mercredi, et à 14% celle que la Fed 
relève l'objectif du taux des "fed funds" d'un quart de point, 
selon les données Reuters.  BOJWATCH  FEDWATCH  
     
 
 (avec Trevor Hunnicutt et Jennifer Ablan à New York, Fransiska 
Nangoy à Djakarta, John Geddie à Londres et Hideyuki Sano à 
Tokyo; Marc Angrand pour le service français, édité par 
Véronique Tison) 
 

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