La BoJ opte pour le statu quo, avertit sur le peu d'inflation

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    * Les taux maintenus, la BoJ n'évoque plus de nouvelles 
baisses 
    * Le champ d'exemption aux taux négatifs est élargi 
    * La BoJ note un affaiblissement des anticipations 
d'inflation 
    * La réunion monétaire d'avril s'annonce cruciale 
 
    TOKYO, 15 mars (Reuters) - La Banque du Japon (BoJ) a laissé 
sa politique monétaire inchangée mardi comme prévu mais a dressé 
un tableau plus sombre de la situation de l'économie et s'est 
inquiétée de l'affaiblissement des anticipations d'inflation, 
laissant entendre que l'environnement international pourrait 
justifier de nouvelles mesures d'assouplissement. 
    Six semaines seulement après l'adoption de taux d'intérêt 
négatifs, la banque centrale nipponne n'a pas repris l'idée de 
les pousser plus avant en dessous de zéro et a élargi le champ 
de l'exemption pour y inclure l'équivalent de 80 milliards 
d'euros de fonds de réserve monétaires (MRF), qui se verront 
appliquer un taux zéro à partir du mois d'avril. 
    A l'issue d'une réunion de politique monétaire étalée sur 
deux jours, la BoJ a réaffirmé son engagement d'accroître la 
base monétaire au rythme annuel de 80.000 milliards de yens (635 
milliards d'euros), au moyen d'achats d'obligations d'Etat et 
d'actifs à risque, effectués en vertu de son programme 
d'assouplissement monétaire quantitatif et qualitatif. 
    La banque centrale japonaise a également confirmé sa 
décision prise il y a un mois et demi de prélever 0,1% d'intérêt 
sur les réserves excédentaires des institutions financières 
déposées auprès d'elle. 
    "L'économie japonaise poursuit, en tendance, sa reprise 
modérée même si les exportations et la production ont été 
mitigées en raison surtout des effets d'un ralentissement de la 
croissance des marchés émergents", a déclaré le gouverneur de la 
BoJ, Haruhiko Kuroda, lors d'une conférence de presse. 
    La banque centrale avait dit en janvier que le rebond des 
exportations soutenait une reprise modérée de l'économie. 
    La BoJ a aussi abaissé son évaluation des anticipations 
d'inflation, faisant état de leur "récent affaiblissement" et 
prenant acte que l'un des principaux canaux de transmission de 
sa politique de stimulation monétaire massive ne fonctionnait 
pas aussi bien qu'espéré. 
     "La BoJ fait beaucoup d'efforts pour réduire les 
conséquences des taux d'intérêt négatifs sur le secteur 
financier parce que les banques se sont montrées très critiques 
sur cette politique", a dit Hiroaki Muto, économiste du Tokai 
Tokyo Research Center. 
    "La révision en baisse de l'évaluation de la situation 
économique est le prélude à un nouvel assouplissement", a-t-il 
ajouté, prévoyant de nouvelles mesures de stimulation monétaire 
en avril. 
    La BoJ a fait passer l'un de ses taux directeurs en 
territoire négatif, de manière inattendue, au mois de janvier 
sans que cette mesure n'ait soutenu la Bourse ni enrayé une 
hausse malvenue du yen, ce qui a suscité des critiques de la 
part des parlementaires qui lui ont reproché de désorienter les 
marchés plutôt que de les calmer. 
    Prenant en compte ces critiques, la BoJ a retiré du 
communiqué publié à l'issue de sa réunion de politique monétaire 
la référence à de possibles nouvelles baisses de taux en cas de 
besoin. 
    Elle a aussi étendu les exemptions aux taux négatifs pour 
les banques qui ont recours à ses opérations de refinancement 
ciblées sur la relance du crédit. 
    "L'impression d'ensemble que nous donne le dernier 
communiqué de politique monétaire est que la banque centrale 
limite déjà l'importance accordée aux taux négatifs comme 
instrument de politique (monétaire), en réponse à l'accueil très 
mitigé que leur ont accordé les marchés comme l'opinion", écrit 
HSBC dans une note de recherche. 
    En dépit des aménagements consentis aux banques, deux des 
neuf membres du comité de politique monétaire de la BoJ se sont 
opposés au maintien d'un taux négatif de -0,1% en raison de 
leurs craintes sur leurs possibles conséquences négatives pour 
les banques. 
    Une économie japonaise qui tutoie la récession et la 
faiblesse des prix de l'énergie qui pèse sur les prix devraient 
conduire la BoJ à abaisser ses prévisions de croissance et 
d'inflation en avril, ont dit à Reuters des sources au fait des 
débats internes à la banque centrale nipponne.   
    La pression s'accentuera alors en faveur de nouvelles 
mesures d'assouplissement qui prendront la forme d'achats 
d'actifs plutôt que de taux encore plus négatifs, estiment des 
analystes.   
 
 (Leika Kihara, Stanley White, Tetsushi Kajimoto et Minami 
Funakoshi, Benoît Van Overstraeten et Marc Joanny pour le 
service français, édité par Véronique Tison) 
 
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