La BoE reste vigilante sur le déficit courant britannique

le
0

(Actualisé avec des précisions) LONDRES, 7 avril (Reuters) - L'important déficit des comptes courants britannique pourrait affecter le sentiment des investisseurs vis-à-vis du pays si l'environnement économique venait à se détériorer, souligne mardi la Banque d'Angleterre (BoE). Les compte rendu de la réunion du 24 mars du Comité de politique financière (FPC) de la BoE montrent que ses membres s'inquiètent du déficit courant -- d'environ 6% du produit intérieur brut au troisième trimestre 2014 -- soit un niveau élevé au vu de l'historique de cet indicateur. "Le déficit des comptes courants a été important et pourrait, dans des circonstances défavorables, entraîner une détérioration du sentiment de marché vis-à-vis du Royaume-Uni", apprend-on dans le compte-rendu de la réunion du FPC, organe de la BoE chargé de gérer les risques économiques liés au système bancaire. "Le comité a convenu de continuer à suivre ce risque de près et surveillera la maturité et la liquidité du financement de ce déficit." Le déficit courant, mesuré en pourcentage du PIB, a diminué au quatrième trimestre après avoir égalé son plus haut record durant les trois mois précédents. Mais pour l'ensemble de 2014, il s'est creusé à 5,5% du PIB, un pourcentage sans précédent depuis que la statistique est compilée, soit depuis 1948. Les membres du FPC ont également estimé qu'une liquidité de marché "fragile" était également préoccupante, même si les avis sur les causes de cet état de fait divergent. Les "minutes" ont évoqué la crainte qu'il y ait eu une baisse des activités de tenue de marché de la part de certains intermédiaires financiers. Les banques reprochent aux nouvelles réglementations plus contraignantes en matière de fonds propres d'avoir rendu les opérations de tenue de marché ("market making") moins rentables. Les régulateurs rendront compte au FPC, dans un premier temps en juin, des raisons pour lesquelles la liquidité est devenue "fragile", de manière que le comité puisse réfléchir à des solutions. Le comité a dit par ailleurs que les banques britanniques étaient faiblement exposées à la Grèce, en cours de négociation avec ses partenaires de la zone euro pour obtenir une nouvelle tranche d'aide et éviter de se trouver en défaut de paiement. "Néanmoins, le comité juge que, si la Grèce et ses partenaires de la zone euro ne parvenaient pas à conclure un accord, cela pourrait engendrer des effets plus significatifs." Compte tenu de ces risques, les équipes de la BoE travaillent en étroite coopération avec le ministère des Finances et avec la Financial Conduct Authority (FCA) pour s'assurer que des plans d'urgence sont élaborés, conclut le FPC. (Huw Jones et Andy Bruce, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant