La BoE prête à agir au vu de la situation aggravée de la Grèce

le , mis à jour à 13:21
0

par David Milliken et Huw Jones LONDRES, 1er juillet (Reuters) - La Banque d'Angleterre (BoE) se dit prête à prendre toute mesure qui s'impose au vu de l'aggravation de la situation de la Grèce ces derniers jours. La Grèce est devenue mardi soir le premier pays économiquement développé à faire défaut au Fonds monétaire international (FMI) après la rupture des négociations avec ses créanciers, l'imposition d'un contrôle des capitaux et la fermeture temporaire de ses banques. Dans la revue semestrielle des risques de son Comité de politique financière (FPC), la BoE observe que "la situation reste fluide. Le FPC continuera de suivre la situation et n'oublie pas qu'il se pourrait qu'une aggravation de la crise grecque puisse provoquer dans les marchés financiers une réévaluation générale du risque". L'exposition directe des banques britanniques à la Grèce est minime mais leur exposition aux autres pays périphériques de la zone euro représente l'équivalent de 60% des réserves brutes constituées pour couvrir d'éventuelles pertes. "Notre exposition économique et financière à la zone euro est énorme. Heureusement, l'économie de la zone euro est plus forte qu'elle ne l'était voici quelques années. Les déficits budgétaires ont été réduits et les réseaux bancaires renforcés. En outre, de nouvelles institutions et instruments ont été créés ou développés pour réduire les risques de contagion", a déclaré le gouverneur Mark Carney, commentant le rapport. "Nous avons adopté le principe, dans nos plans d'urgence, qu'une sortie de la Grèce de la zone euro était une possibilité et qu'en conséquence nous devions nous y préparer", a-t-il ajouté. La BoE décèle par ailleurs cinq autres risques majeurs: illiquidité du marché, déficit courant record de la Grande-Bretagne, marché immobilier, les banques qui n'en finissent plus de payer des amendes pour mauvaise conduite et la vulnérabilité de ces dernières aux hackers. Le FPC, qui s'attachait surtout à suivre la situation des banques britanniques, a élargi son champ d'investigation aux dangers émanant des marchés financiers et notamment celui de l'illiquidité qui expose les intervenants à de sérieuses difficultés pour vendre leurs titres si ces marchés traversent une mauvaise passe. Ces difficultés sont accrues par le fait que les banques ont quelque peu réduit leur position de teneur de marché, c'est-à-dire d'intermédiaire permettant aux investisseurs de vendre ou d'acheter à tout moment, statut qui leur permet d'entretenir des relations privilégiées avec les banques centrales. Andrew Bailey, vice-gouverneur de la BoE, a dit que les banques centrales pourraient précisément faire office de teneur de marché de dernier recours. Concernant les frais juridiques des banques, ils ont augmenté à un point tel que se pose un risque de défiance du public envers les banques. De fait, les tests de résistance qui seront subis cette année par les grandes banques britanniques auront notamment pour but de déterminer si elles ont bien évalué le risque de sanctions financières pour mauvaises pratiques. Pour des extraits en anglais de la conférence de presse de Mark Carney: ID:nL3N0ZH2ZV (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant