La BoE fait un geste post-Brexit envers les banques

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    * La BoE revient sur une décision de mars 
    * Un changement d'ampleur, selon Carney 
    * Les assureurs auront plus de temps pour s'adapter 
    * Le Brexit grève déjà l'économie britannique 
 
 (Actualisé avec des citations, contexte) 
    par David Milliken et Huw Jones 
    LONDRES, 5 juillet (Reuters) - La Banque d'Angleterre (BoE) 
a pris des mesures pour faire en sorte que les banques puissent 
continuer à prêter et que les assureurs ne liquident pas leurs 
obligations de sociétés dans la période "difficile" susceptible 
de faire suite à la décision d'une majorité de Britanniques de 
quitter l'Union européenne. 
    La BoE a ainsi décidé de renoncer à son initiative de mars 
de durcir les conditions de constitution des fonds propres 
imposées aux banques pour se protéger des retournements de 
cycle, libérant ainsi jusqu'à 150 milliards de livres (177 
milliards d'euros) pour le crédit. 
    Ce "matelas de fonds propres contra-cyclique" (CCB) sera 
ainsi ramené de 0,5% des engagements des banques en 
Grande-Bretagne à 0% jusqu'en juin 2017 au moins, réduisant les 
exigences de fonds propres de 5,7 milliards de livres.  
    La BoE accordera en outre un délai aux assureurs pour 
s'adapter aux nouvelles exigences de l'Union européenne afin 
d'éviter qu'ils ne cèdent les obligations d'entreprise qu'ils 
détiennent dans le but de s'exonérer d'une éventuelle surcharge 
en fonds propres dans un contexte de baisse des taux.  
    Pour le gouverneur Mark Carney, c'est un changement de 
grande ampleur qui aidera l'économie britannique à supporter le 
choc du Brexit.  
    "Cela veut dire que les trois quarts des banques 
britanniques, représentant 90% de l'encours de crédit, auront 
sur le champ plus de latitude d'apporter du crédit aux ménages 
et aux entreprises britanniques", a-t-il dit à la presse. 
    De fait, Mark Carney s'est voulu rassurant sur la solidité 
du système financier britannique. "Le coeur de ce système est 
très solide, nous pourrions observer de la volatilité, nous 
pourrions voir les choses beaucoup bouger, mais le système sera 
présent pour qui veut acheter une maison ou pour un entrepreneur 
avec un projet viable", a-t-il dit. 
    Le sterling a perdu plus de 10% contre le dollar et les 
actions des banques britanniques ont cédé 20% de leur valeur en 
réaction au résultat pro-Brexit du référendum, poussant le 
Premier ministre David Cameron à annoncer sa démission. Les 
rendements des emprunts d'Etat britannique (gilts) à 20 et 30 
ans ont brièvement touché des plus bas records. 
    Au vu de l'avenir incertain du ministre des Finances George 
Osborne, Mark Carney et ses collègues de la BoE se retrouvent 
investis d'une plus grande responsabilité pour ce qui est de 
piloter l'économie britannique dans la tourmente de l'après-23 
juin.  
    Celle-ci semble déjà laisser des traces dans l'économie 
locale. La confiance des entreprises britanniques a chuté depuis 
lors et la croissance du secteur des services a nettement 
ralenti le mois dernier, à son rythme le plus lent en trois ans. 
    
    La BoE a notamment signalé que les risques qu'elle avait 
identifiés avant le référendum du 23 juin commençaient à se 
concrétiser, notamment sur le marché immobilier. 
    Mark Carney estime que la baisse prononcée du sterling 
devrait faciliter la gestion de l'important déficit de la 
balance des paiements courants du pays. Il s'inquiète en effet 
d'une baisse de la demande des investisseurs pour des actifs 
britanniques, ce qui rendrait, précisément, plus difficile cette 
gestion. 
    Il observe aussi que les difficultés du secteur de 
l'immobilier commercial font qu'il est plus difficile pour les 
entreprises de présenter leurs actifs immobiliers comme garantie 
lors d'une demande de prêt. 
    Les annonces de la banque centrale sur le capital des 
banques, faisant suite à deux réunions de son Comité de 
politique financière depuis le référendum, sont à rapprocher des 
propos tenus par le gouverneur Carney la semaine dernière, 
lorsqu'il avait dit que la BoE devrait sans doute prendre des 
mesures cet été pour stimuler l'économie après le choc du 
référendum.   
    "Il (Carney) n'attend pas qu'il arrive quelque chose de 
pénible; il agit pour le cas où ça se produirait", dit James 
Athey, d'Aberdeen Asset Management. 
 
 (Avec Andy Bruce, Jemima Kelly et James Davey,; Bertrand Boucey 
et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Joanny) 
 
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