La BoE baisse son taux dans le sillage du vote pour le Brexit

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    * Première baisse de taux depuis 2009 
    * Les achats d'actifs renforcés 
    * Stagnation en vue pour l'économie britannique 
 
 (Actualisé avec précisions, commentaires, réactions de marché) 
    par David Milliken et Ana Nicolaci da Costa 
    LONDRES, 4 août (Reuters) - La Banque d'Angleterre (BoE) a 
abaissé jeudi son taux directeur pour la première fois depuis 
2009 et relancé son programme de rachat d'obligations pour faire 
face aux effets sur l'économie du vote des Britanniques en 
faveur d'une sortie de l'Union européenne.  
    L'institut d'émission se tient prêt à prendre toutes les 
mesures nécessaires pour garantir la stabilité financière et 
n'exclut pas de baisser encore les taux mais écarte l'idée de 
les faire passer en territoire négatif, a déclaré son 
gouverneur, Mark Carney.  
    La BoE, qui a baissé son taux directeur d'un quart de point, 
le ramenant à 0,25%, anticipe une stagnation de l'économie 
britannique pour le reste de l'année et s'attend à une 
croissance faible tout au long de l'an prochain.  
    Si la baisse des taux, votée à l'unanimité par les neuf 
membres du conseil de politique de la BoE, était attendue par 
les économistes, la décision d'augmenter de 60 milliards de 
livres le programme d'assouplissement quantitatif, ainsi porté à 
435 milliards de livres, l'était moins. 
    L'élargissement de ce programme de rachat d'obligations, qui 
a été voté par six voix contre trois, durera six mois. 
    La banque centrale également lancé deux nouveaux programmes, 
dont l'un pour le rachat de 10 milliards de livres d'obligations 
d'entreprises de bonne qualité et l'autre - dont le montant 
pourrait atteindre 100 milliards de livres - pour s'assurer que 
les banques continuent à prêter malgré la baisse des taux. 
    Dans la foulée de ses annonces, la livre a reculé de plus de 
1% face au dollar tandis que le rendement des obligations 
souveraines britanniques à 10 ans tombait à un nouveau plus bas 
record de 0,678%. La Bourse de Londres  .FTSE , qui était à la 
traîne des autres places européennes toute la matinée, gagne 
pour sa part 1,5% vers 13h20 GMT. 
    La plupart des membres du comité de politique monétaire 
s'attendent à une nouvelle baisse des taux d'intérêt cette 
année, à un niveau "proche de mais légèrement supérieur à zéro", 
si les faibles prévisions économiques se confirment. 
    "Après le vote du Royaume-Uni pour une sortie de l'Union 
européenne, le taux de change a baissé et les perspectives de 
croissance à court et moyen termes se sont sensiblement 
affaiblies", dit la BoE dans son rapport sur l'inflation. 
     
    LA CROISSANCE EN 2017 REVUE À LA BAISSE 
    La BoE a décidé d'agir car le vote en faveur d'un Brexit a 
sensiblement modifié les perspectives économiques, a confirmé 
Mark Carney. 
    "La banque continue de se tenir prête à prendre toutes les 
mesures nécessaires pour atteindre ses objectifs de stabilité 
monétaire et financière tandis que le Royaume-Uni s'adapte aux 
nouvelles réalités et va de l'avant pour saisir les nouvelles 
opportunités", a-t-il dit.  
    Le gouverneur de la BoE a averti toutefois que la politique 
monétaire ne pourrait à elle seule amortir complètement le choc 
provoqué par le résultat du référendum du 23 juin. 
    Plusieurs observateurs ont dit craindre les effets 
inflationnistes des mesures annoncées jeudi.   
    "Le nouvel assouplissement (...) pourrait s'avérer 
problématiques pour l'économie britannique", a ainsi estimé 
Daniel Mahoney, économiste spécialisé dans la politique 
monétaire. "L'affaiblissement de la livre signifie que les 
pressions inflationnistes augmentent déjà, et la décision 
d'aujourd'hui va les exacerber". 
    Malgré plusieurs indicateurs suggérant que l'économie 
britannique ralentit fortement et pourrait même entrer en 
récession, il est trop tôt pour avoir des données officielles 
sur l'impact du référendum sur le produit intérieur brut (PIB) 
du pays.             
    La BoE a maintenu jeudi son estimation de croissance pour 
cette année à 2,0% après un chiffre meilleur que prévu au 
premier semestre mais a revu en forte baisse sa prévision pour 
2017, à +0,8% contre 2,3% précédemment. 
    La banque centrale a parallèlement revu en hausse sa 
prévision d'inflation en raison de la baisse de la livre 
sterling. Elle prédit désormais que la hausse des prix atteindra 
2,4% en 2018. 
 
 (David Milliken et Ana Nicolaci da Costa; Benoit Van 
Overstraeten et Juliette Rouillon pour le service français, 
édité par Patrick Vignal) 
 

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