La BoE abaisse ses prévisions de croissance, unanimité sur le statu quo

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    * La BoE abaisse ses prévisions de croissance 2016 et 2017 
    * L'inflation devrait revenir à 2% dans deux ans 
    * McCafferty renonce à appeler à une hausse de taux 
    * Le prochain pas sera un relèvement de taux-Carney 
    * La livre efface ses pertes après les propos de Carney 
 
 (Actualisé avec Carney, précisions, livre) 
    par David Milliken et Ana Nicolaci da Costa 
    LONDRES, 4 février (Reuters) - La Banque d'Angleterre (BoE) 
a revu en baisse jeudi ses prévisions de croissance et l'unique 
membre de son comité de politique monétaire qui avait soutenu le 
principe d'une hausse des taux ces derniers mois est revenu sur 
sa position. 
    Ces annonces laissent penser que les taux resteront stables 
sur une longue période, même si le gouverneur de la BoE, Mark 
Carney, a déclaré à l'issue du comité de politique monétaire que 
le prochain pas serait probablement un relèvement de taux. 
    Faisant écho au pessimisme des banquiers centraux dans le 
monde, Mark Carney a souligné que la croissance mondiale était 
au mieux modeste, avec des risques accrus liés au ralentissement 
dans les économies émergentes, qui freine la croissance 
britannique malgré la bonne résistance de la demande intérieure. 
    Face au rééquilibrage de l'économie chinoise, à 
l'augmentation des flux de capitaux, au durcissement des 
conditions financières et à l'augmentation de la volatilité sur 
les marchés, il a noté une montée des risques pour le pays. 
    "Toutes ces évolutions créent des risques baissiers pour la 
croissance au Royaume-Uni à travers les canaux du commerce, de 
la finance et de la confiance", a-t-il déclaré. 
    "Les perspectives pour le commerce extérieur sont 
particulièrement sombres et les exportations nettes devraient 
peser sur la croissance britannique sur la période étudiée."     
    Les chutes des marchés pétrolier et boursier et les risques 
apparus dans les économies émergentes ont incité les banques 
centrales internationales à revoir en baisse leurs estimations 
de croissance et d'inflation et à débattre ouvertement de la 
nécessité de s'orienter vers de nouvelles mesures 
d'assouplissement monétaire plutôt que vers une normalisation 
dès cette année. 
    La Banque du Japon a adopté la semaine dernière des taux 
négatifs, la BCE a laissé entendre qu'elle abaisserait ses taux 
en mars et le gouverneur de la Réserve fédérale de New York, 
William Dudley, a déclaré mercredi qu'il se pourrait qu'il n'y 
ait aucune hausse de taux cette année après celle de décembre.   
  
     
    UNE HAUSSE DE TAUX "PLUS PROBABLE" 
    Le Royaume-Uni a bien résisté jusqu'à présent à la faiblesse 
de la croissance en Europe, affichant une croissance 
relativement solide, peu de surcapacité et un taux de chômage 
proche de l'équilibre de long terme, laissant penser que la BoE 
suivrait bientôt l'exemple de la Fed en relevant ses taux 
directeurs. 
    Les turbulences sur les marchés mondiaux ont refroidi ces 
attentes mais Mark Carney a déclaré mercredi que le prochain 
mouvement sur les taux de la banque centrale serait à la hausse. 
    "Nous ferons ce qu'il faut au bon moment sur les taux", 
a-t-il dit. "Le plus probable est que le prochain pas soit une 
hausse."   
    La Banque d'Angleterre a annoncé à l'issue de son comité de 
politique monétaire que la totalité de ses neufs membres avaient 
voté le maintien de son taux d'intervention à un plus bas record 
de 0,5%, dont il n'a plus bougé depuis près de sept ans.  
    Ian McCafferty, partisan d'un durcissement monétaire depuis 
août, a renoncé à son opinion. 
    "Une période d'inflation basse plus prolongée laisse penser 
que l'accélération du rythme des hausses salariales sera dans un 
premier temps moins sensible qu'on ne le pensait jusqu'alors", 
dit-il, dans le compte-rendu de la réunion. 
    L'institut d'émission pense toujours que le scénario le plus 
probable est que les taux d'intérêt augmentent progressivement 
sur les trois ans à venir mais elle ne semble pas pressée de 
suivre l'exemple de la Réserve fédérale américaine, qui a durci 
sa politique monétaire en décembre, juste avant le dernier coup 
de tabac sur les marchés.  
    La BoE projette dorénavant une croissance de 2,2% cette 
année, alors qu'elle anticipait 2,5% en novembre, de 2,3% en 
2017 (2,6% en novembre) et de 2,4% en 2018 (2,5%). Cela 
représenterait le profil de croissance le plus bas depuis près 
de trois ans.  
    L'inflation mesurée par les prix de détail devrait rester 
inférieure à 1% tout au long de 2016, selon la BoE, ce qui est 
plus long que ce qu'elle projetait précédemment, avant de 
remonter à un petit peu plus de 2% en l'espace de deux ans, sans 
changement sur sa prévision antérieure. 
 
 (Wilfrid Exbrayat et Juliette Rouillon pour le service 
français, édité par Bertrand Boucey) 
 
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