La BNS peut encore réduire ses taux si nécessaire, dit Jordan

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    BALE, 24 octobre (Reuters) - La Banque nationale suisse 
(BNS) peut encore abaisser ses taux d'intérêt, déjà négatifs, si 
cela est nécessaire, a déclaré lundi son président, Thomas 
Jordan. 
    "Nous n'avons pas encore atteint la limite basse. Où 
est-elle précisément, je ne le sais pas", a-t-il dit lors d'une 
conférence à Bâle.  
    Depuis janvier 2015 et l'abandon soudain du cours plancher 
du franc suisse face à l'euro, la BNS applique un taux négatif 
de -0,75% aux avoirs à vue que les banques détiennent auprès 
d'elle et se dit prête à intervenir à tout moment en cas de 
besoin sur le marché des changes pour freiner l'appréciation du 
franc.  
    Près de deux ans après, a noté Thomas Jordan, "les taux à 
court terme sont négatifs, mais les emprunts fédéraux et de 
nombreuses obligations d'entreprises sont également négociés 
avec des rendements négatifs", une situation qui suscite des 
inquiétudes sur l'impact de cette situation sur les banques, les 
fonds de pension, les épargnants et les investisseurs. 
    Une baisse supplémentaire des taux nominaux pourrait 
déclencher une fuite vers la liquidité, ce qui limiterait la 
marge de manoeuvre de la banque centrale, a-t-il ajouté.  
    "Dans l'environnement actuel, il est nécessaire et judicieux 
de maintenir le taux d'intérêt négatif en Suisse. Une petite 
économie ouverte comme la Suisse ne peut se soustraire au bas 
niveau des taux d'intérêt à l'échelle mondiale. Sans le taux 
d'intérêt négatif, le franc se serait apprécié encore davantage, 
le chômage aurait augmenté, la croissance aurait chuté, et 
l'inflation aurait encore fléchi", a-t-il dit dans un discours.  
    Il a cependant ajouté que les effets secondaires de cette 
politique soulignaient le besoin d'une "normalisation" de la 
politique monétaire à terme, assurant que la BNS prenait "très 
au sérieux" les inquiétudes des fonds de pension et des 
assureurs vie sur l'impact des taux négatifs.  
    Il a également déclaré que "des taux durablement bas peuvent 
avoir des répercussions négatives sur la stabilité financière et 
réduire l'efficacité de la politique monétaire".  
    En réponse à des questions après son discours, Thomas 
Jordan, a déclaré que la "monnaie hélicoptère" - la distribution 
à grande échelle de liquidités aux consommateurs pour soutenir 
l'activité économique - ne faisait pas partie de l'arsenal de la 
BNS et il a réaffirmé que la banque centrale n'avait pas 
l'intention de limiter l'utilisation des liquidités. 
     
 
 (John Miller; Marc Angrand pour le service français) 
 
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