La Birmanie libère une centaine de détenus politiques

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    RANGOUN, 22 janvier (Reuters) - Les autorités birmanes ont 
commencé vendredi à libérer plusieurs dizaines de prisonniers 
politiques à quelques jours de la formation par Aung San Suu Kyi 
d'un nouveau gouvernement après sa victoire aux élections 
législatives de novembre dernier. 
    Selon un responsable du ministère de l'Intérieur, plus de 
100 détenus vont au total être remis en liberté dans plusieurs 
prisons du pays.  
    "Jusqu'ici, 18 prisonniers politiques ont été libérés de la 
prison d'Insein. Ils vont relâcher 21 personnes au total 
aujourd'hui", a déclaré à Reuters un responsable de ce centre de 
détention, l'un des plus grands du pays. 
    Selon un haut fonctionnaire des services de la présidence, 
ces libérations visent à marquer l'ouverture, vendredi en 
Birmanie, de la conférence mondiale bouddhiste pour la paix. 
    "La plupart d'entre eux avaient été arrêtés lors de 
manifestations. A ma connaissance, 101 prisonniers politiques 
vont être libérés dans les prochains jours", a déclaré Bo Kyi, 
secrétaire de l'Association d'assistance aux prisonniers 
politiques (AAPP), qui assure le suivi des détenus.  
    Une transition remarquablement pacifique est en cours en 
Birmanie depuis la victoire triomphale de l'opposante historique 
Aung San Suu Kyi aux législatives du 8 novembre. La nouvelle 
assemblée siègera pour la première fois le 1er février.  
    L'armée, qui a dirigé le pays pendant 49 ans avant de céder 
la place à un gouvernement semi-civil en 2011, demeure néanmoins 
une force politique importante.     
    L'incarcération de plus de 2.000 journalistes, militants, 
responsables politiques, voire comédiens ou artistes, durant les 
décennies de régime militaire a été pour les Occidentaux l'un 
des facteurs clés justifiant la mise en place de sanctions 
économiques.  
    Plusieurs centaines de détenus politiques ont été libérés 
depuis l'instauration du gouvernement semi-civil, qui a 
parallèlement mené une série de réformes politiques et 
économiques.  
    Selon le site internet de l'AAPP, il y avait en décembre 129 
prisonniers politiques derrière les barreaux en Birmanie et 408 
militants attendant d'être jugés pour leurs actions politiques. 
     
 
 (Soe Zeya Tun, Hnin Yadana Zaw; Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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