La "Biotech Valley" belge surpasse ses pairs européens

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par Ben Deighton

BRUXELLES (Reuters) - L'industrie des biotechnologies belge, dans le coeur est basé près de Gand, est suivie de près par des laboratoires du monde entier, en raison d'essais cliniques prometteurs et de l'appétit des groupes pharmaceutiques pour de nouveaux médicaments alors que les leurs vont tomber dans le domaine public.

Fruit d'investissements consentis année après année, notamment à l'initiative de la région flamande, la "Biotech Valley" abrite quelques unes des plus prometteuses entreprises du secteur telles que Ablynx et Devgen.

L'acquisition de cette dernière par le géant suisse de l'agro-industrie Syngenta avec une prime de 70%, a dopé les cours des actions dans le compartiment de la biotechnologie.

Les titres de cinq entreprises belges du secteur ont ainsi gagné au moins un cinquième de leur valeur au mois de septembre - Devgen (+65%), TiGenix (+60%), Ablynx (+59%), Galapagos (+29%) et IBA (+20%).

Dans le même temps, seule une entreprise suisse, Addex Pharma s'est appréciée de manière significative, la Suisse et la Grande-Bretagne abritant les deux autres grands centres européens de recherche en biotechnologie.

INVESTISSEMENTS RENTABLES

Le rachat de Devgen pour 406 millions d'euros matérialise la récompense financière dont rêvent de nombreux investisseurs dans le secteur des biotechnologies.

"Si vous avez des exemples réussis d'investissements, cela attire de nouveaux investisseurs", explique Rudi Marien, qui a gagné 50 millions d'euros dans cette vente et qui projette de réinvestir ses bénéfices dans le secteur, au Benelux.

Les entreprises ThromboGenics, dont le traitement oculaire innovant doit être lancé aux États-Unis, et Ablynx, dont le travail sur les Nanobodies, des anticorps dérivés de protéines thérapeutiques pouvant atteindre des endroits du corps inaccessibles aux anticorps naturels, sont également l'expression de la réussite de la Belgique dans le domaine.

Ablynx a présenté jeudi des résultats intermédiaires prometteurs concernant l'ALX-0061, un composé destiné au traitement de la polyarthrite rhumatoïde, le rapprochant d'un marché annuel de 14 milliards de dollars.

ThromboGenics devrait, de son côté, emporter l'approbation des États-Unis pour son médicament oculaire Ocriplasmin, qui permettrait de traiter une maladie nécessitant jusqu'à présent une intervention chirurgicale.

De quoi convaincre des investisseurs échaudés par l'échec de leurs précédents investissements, ayant parié sur des petites entreprises qui ont fait faillite ou on vu leurs espoirs s'envoler avant qu'un acheteur ne matérialise leurs découvertes.

INVESTISSEURS ÉTRANGERS

Pour Stephen Bunting, responsable des investissements dans les sciences du vivant pour le groupe spécialisé Abingworth, les investisseurs étrangers, notamment les Américains, considèrent le marché belge comme attractif.

"Je suis honnêtement certain que quelques uns des récents achats sur le marché belge ont été conduits par les États-Unis", explique-t-il, mettant en lumière l'intérêt du premier marché mondial des médicaments pour l'industrie belge.

En novembre, le courtier KBC Securities tiendra sa première conférence d'investissement dédiée aux laboratoires pharmaceutiques du Benelux aux États-Unis.

Une partie du succès semble résider dans une approche belge, qui se diffère des autres centres de biotechnologies européens par un investissement à plus long terme et notamment par la participation du gouvernement régional de Flandre, qui investit considérablement dans le secteur.

VIB, un institut de recherches qui a soutenu Ablynx et Devgen et qui reçoit 43 % de son budget annuel de 100 millions d'euros du gouvernement flamand, investit à plus long terme que ses homologues européens, en misant de 1 à 1,5 million d'euros dès la formation d'une entreprise de biotechnologies.

"Ce n'est pas la course aux chiffres", explique cependant le directeur général de VIB, Johan Cardoen. "Nous investissons ainsi lorsque nous pensons que le projet a le potentiel de faire une différence dans les sciences du vivant."

Pour Jan de Kerpel, analyste pour KBC Securities, il n'y a pas de raison que l'appréciation de l'action sur le marché des biotechnologies belge s'interrompe à court terme et considère que de nouvelles acquisitions d'entreprises belges devraient intervenir. "La seule question est de savoir quand", dit-il.

Agathe Machecourt pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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