La Belgique annonce sa sortie du nucléaire, mais le scénario surprend

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(Commodesk) La sortie complète du nucléaire en Belgique d'ici à 2025 "pose question", comme le souligne Electrabel, la filiale du Français GDF SUEZ. La décision a été prise dimanche par les différents partis politiques belges, alors qu'ils discutent depuis 16 mois, en vue de la formation du prochain gouvernement, après les élections législatives anticipées de juin 2010. En mai dernier, l'Allemagne avait montré l'exemple, annonçant la fermeture de ses 17 réacteurs d'ici à 2022. En Belgique, la réflexion s'est intensifiée au lendemain de la catastrophe de Fukushima, le 11 mars dernier, mais le scénario surprend. Il est prévu dans cet accord que les plus anciens réacteurs ferment d'ici à 2015. Il y a deux ans tout juste, le gouvernement précédent s'était au contraire engagé sur une prolongation de 10 ans de la durée d'exploitation des trois unités de Doel 1/2 et de Tihange 1 (sur un total de sept), en concertation avec l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) et sa filiale Bel V. Autre sujet d'inquiétude, la fermeture est conditionnelle à la mise en place de projets d'alternatives crédibles pour pallier l'énergie nucléaire. Sans qu'aucun calendrier n'ait pu être arrêté, celui-ci étant suspendu à la constitution du nouveau gouvernement. Et d'après le rapport des experts du GEMIX, rendu en octobre 2009, puis mis en avant par le Parti socialiste belge, il n'y a, à ce jour, pas de sécurité d'approvisionnement énergétique suffisante, pour envisager dès 2015 un arrêt de la production d'électricité d'origine nucléaire. Il y a même un déficit qui "se creusera dans les années à venir", précise la Commission belge de régulation de l'électricité et du gaz (CREG). La Belgique dépend du nucléaire à 55% (Agence internationale de l'Energie, 2009). Selon Electrabel, premier producteur et fournisseur d'électricité en Belgique, l'impact national d'un tel programme serait négatif pour trois raisons. Le pays devra accroître ses importations d'électricité et donc sa dépendance vis-à-vis de ses voisins. Le bilan CO2 d'une centrale nucléaire est plus faible que celui d'une centrale thermique, solution de substitution qui pourrait, entre autres, être envisagée. Et le consommateur subira une "hausse certaine" de sa facture d'électricité, due à la rentabilité forcément moindre des équipements de remplacement. Aujourd'hui, le prix payé par un Belge (21,35 cents d'euros par kWh) est déjà en moyenne près du double de celui payé par un Français (13,37 ct?/kWh). Electrabel, leader du marché au Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) a investi 500 millions d'euros depuis cinq ans sur les deux centrales belges de Doel (au nord d'Anvers en Flandre) et de Tihange (entre Charleroi et Liège, en Wallonie). Sa production nucléaire belge est vendue à 25% à GDF SUEZ, à 25% à EDF et à 40% à l'Allemand EON. Le fournisseur se réserve ainsi le droit de "protéger ses intérêts au regard des engagements pris par l'Etat belge dans le cadre du protocole de 2009".
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